base_documentaire:articles-2003:etb-050 [Enfants de Tchernobyl Bélarus]
 

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CORE Analyse provisoire d'un texte provisoire

Wladimir Tchertkoff, 18 juin 2003

CORE
Coopération pour la réhabilitation des conditions de vie dans les territoires de Biélorussie contaminés par l'accident de Tchernobyl
15 novembre 2002


Wladimir Tchertkoff

Au cours de la lecture critique de ce Programme CORE, financé par l'Union Européenne, je propose d'avoir présente à l'esprit une citation du fameux rapport du Pr. Bandajevsky au gouvernement du Belarus, que je place ici en exergue.

“On propose un schéma général de modernisation des mesures de protection existantes, basé sur le refus du principe de mesures obligatoires dans les zones concernées, et le passage à une application volontaire et sélective des mesures de protection. On conseille de prendre obligatoirement en compte des facteurs autres que l'irradiation (facteurs économiques, sociaux et psychologiques) […] On n'indique nulle part quelle est la part de ces facteurs. De cette façon, les recommandations des auteurs du rapport […] se résument à refuser le principe du respect obligatoire et universel de mesures de protection. Derrière ces paroles, on peut subodorer le principe “Chacun pour soi!”, l'État ne portant plus aucune responsabilité pour la santé des populations. Ceci est en opposition flagrante avec la Constitution de la République du Belarus et avec la Loi sur la Santé Publique…”

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Note liminaire historique

Vassili NESTERENKO. - Face à l'inaction et aux mensonges du gouvernement Soviétique sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, qu'il a contestés dès les premières heures en réclamant l'évacuation immédiate des habitants dans un rayon de 100 kilomètres de la centrale au lieu de 30 km, le physicien Professeur Vassili Nesterenko, académicien, directeur de l'Institut de l'énergie nucléaire de l'Académie des sciences du Bélarus, limogé de son poste en juillet 1987 comme alarmiste et semeur de panique, quitte définitivement cet institut d'état en 1990 et crée avec le soutien de Andrei Sakharov, de Karpov et de l’écrivain Ales Adamovitch l'Institut de radioprotection indépendant “Belrad”, pour venir en aide aux enfants des territoires touchés par les retombées radioactives. Dans les villages les plus contaminés du Belarus il organise 370 Centres locaux de contrôle radiologique (CLCR), où il forme les médecins, les enseignants, les infirmières à la radioprotection et les familles à la façon de traiter les aliments pour diminuer la contamination. Financés d'abord par le Comité Tchernobyl (Comtchernobyl) du gouvernement, pendant la brève période de “démocratisation”, les CLCR sont réduits au nombre de 68, suite à la reprise en mains de la situation par le lobby atomique (AIEA, OMS et leurs correspondants de référence au Ministère de la santé de Minsk). En 1996, Nesterenko adopte avec succès l'additif alimentaire à base de pectine de pommes, recommandé par le Ministère de la santé ukrainien comme adsorbant du césium137 (Cs137). En un mois de traitement la charge en radionucléides de l'organisme de l'enfant peut baisser de 60-70%.

Youri BANDAJEVSKY. – En 1994, Nesterenko fait la connaissance du recteur de l'Institut de médecine de Gomel, l'anatomo- pathologiste et médecin Youri Bandajevsky, qui effectue depuis 1991 des recherches sur l'étiologie des pathologies nouvelles chez les habitants des territoires contaminés. Avec sa femme Galina, pédiatre et cardiologue, Bandajevsky découvre que la fréquence et la gravité des altérations morphologiques et fonctionnelles du cœur augmentent proportionnellement à la quantité de césium radioactif incorporé dans l'organisme. Il décrit la “cardiomyopathie du césium” : troubles cardiaques chez le petit enfant, chez l'adolescent et l'adulte, avec atteinte dégénérative du myocarde. La mort subite survient à tous les âges, même chez l'enfant. Bandajevsky et son équipe de collaborateurs décrivent des “processus pathologiques interdépendants tant au niveau du cœur, du foie, des reins, des organes endocriniens, que du système immunitaire.” Toutes ces lésions proviennent d'un processus pathologique semblable, que ces chercheurs appellent “syndrome des radionucléides de longue période incorporés”. C'est le résultat d'une investigation rigoureuse de l'état de santé de milliers d'adultes et d'enfants, effectuée par toutes les unités de recherche de l'institut. Pendant 9 ans, 25 chaires travaillent sur la même thématique suivant trois directions de recherche : clinique, expérimentale sur animaux de laboratoire et anatomopathologique. L'Institut de Gomel a 200 enseignants, 300 employés auxiliaires et 1500 étudiants.

A partir de 1996, l'Institut “Belrad” et l'Institut de Gomel travaillent en parallèle. Nesterenko sillonne les villages et concentre ses mesures sur la contamination interne de l'organisme par le césium137 au moyen de spectromètres pour rayonnement humain fournis par des ONG occidentales. Pour l'étude histologique de l'action du Césium sur les tissus il fournit aux chercheurs de Gomel des gamma-radiomètres automatiques de sa fabrication, qui leur permettent de mesurer à l'autopsie le taux de Cs137 par kg. de l'organe étudié. Les deux instituts montrent qu'avec un régime alimentaire pauvre en Cs137 chez l'enfant et l'animal de laboratoire, on peut éviter des dommages irréversibles au niveau des organes vitaux. Des voies de recherche totalement nouvelles pour la science sont ouvertes.

En avril 1999, les deux scientifiques sont invités par le Parlement biélorusse à faire partie d'une commission chargée de vérifier le Registre des doses et l'utilisation des fonds de l'État par l'Institut de médecine radiologique du Ministère de la santé dans ses recherches médicales sur les conséquences de l'accident de Tchernobyl. Leurs conclusions déplaisent aux membres de la commission proches du Ministère. Bandajevsky, Nesterenko et Stojarov, ex-directeur de l'Institut, signent un rapport séparé et l'envoient au Conseil de Sécurité du Belarus, responsable de la santé de la population. Celui-ci fait retirer le Registre des doses par le Ministère de la santé et l'invite à le revoir “d'urgence sur la base des conclusions” de Nesterenko, de Bandajevsky et de Stojarov. De son côté Bandajevsky envoie un Rapport au Président Loukachenko, dans lequel il critique sévèrement l'orientation des travaux de l'Institut du Ministère - voir la citation en exergue - et montre qu'un seul milliard de roubles sur 17 a été dépensé utilement en 1998 par celui-ci. Dans les semaines qui suivent, en mai 1999, trois commissions de contrôle du Ministère de la santé vérifient, coup sur coup, l'Institut de Gomel, sans trouver d'anomalies. Dans la nuit du 13 juillet 1999 Bandajevsky est arrêté sur la base du décret de Loukachenko contre le terrorisme. Le 18 juin 2001, il est condamné sans preuves pour corruption à 8 ans de prison par le tribunal militaire de la Cour Suprême du Belarus. Le nouveau recteur abandonne le programme de recherches de l'Institut de Gomel fondé par Bandajevsky, en déclarant que ce programme n'était pas digne d'un établissement d'enseignement supérieur.

Galina BANDAJEVSKAYA, pédiatre et cardiologue, est chassée de l'Institut de Gomel, où elle était titulaire de la chaire des maladies enfantines. Depuis le 2 septembre 2002, elle travaille à “Belrad” comme secrétaire scientifique et responsable du département médical de l'Institut.

ETHOS. – Entre-temps, en 1996, un groupe de chercheurs français, dénommé ETHOS, vient s'appuyer sur le CLCR du village Olmany géré par le Professeur Nesterenko, pour recueillir ses données de mesures radiologiques et se former à la radioprotection dans le laboratoire sans précédent des territoires contaminés de Tchernobyl. ETHOS est une émanation du CEPN (Centre d'étude sur l'évaluation de la protection dans le domaine nucléaire), créé par EDF et par le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) : le lobby nucléaire français est activement représenté!

Un des objectifs d'ETHOS est d'écrire pour l'Union Européenne un ouvrage sur la gestion des accidents atomiques et des régions contaminées par des radionucléides de longue durée de vie, en définissant “un dispositif de gestion durable de la qualité radiologique et de la confiance sociale” (Compte rendu de réunion 17.04.01). Pendant trois ans, de 1996 à 1998, ETHOS capitalise les données des mesures du CLCR d'Olmany, utilise le personnel formé et équipé par Nesterenko pour effectuer les mesures de radioactivité des aliments, du lait etc., sans estimer devoir indemniser la technicienne pour le surplus de travail occasionné. Une cohabitation fortunée et fructueuse, jusqu'au jour où ETHOS fait chasser Nesterenko d'Olmany et de 4 autres villages du district de Stoline par les autorités biélorusses (voir plus loin).

Aujourd'hui, ETHOS se présente comme référence scientifique en radioprotection dans les territoires de Tchernobyl et coordonne le Programme CORE, qui fait l'objet de la présente critique.

L'Institut “Belrad” se débat pour survivre dans de grandes difficultés économiques. Ses financeurs sont de modestes citoyens européens, adhérents d'ONG, qui défendent l'environnement et la santé. Suite aux critiques de ces associations à l'encontre des agissements d'ETHOS, Nesterenko a été inséré dans le Programme CORE, mais amputé de la possibilité de poursuivre son action de protection prophylactique des enfants contaminés (voir l'analyse critiques ci-dessous).

La Commission Européenne a décidé d'affecter 2 millions d'euros au Programme CORE (Comtchernobyl l'a communiqué le 8 mai 2003 aux participants biélorusses).

Le texte du Programme CORE nous a été communiqué par l'European Commission EuropeAid Co-operation Office (Bruxelles), via le Parlement Européen.

Commentaire critique du programme CORE

On pourra objecter à cette critique du texte de ETHOS-CORE qu'elle n'attaque pas seulement ce Programme, mais le travail du professeur Nesterenko lui-même. En effet, tout ce que CORE prévoit dans son texte, ETHOS l'a appris de Nesterenko, avant de lui enlever 5 des villages du district de Stoline, où il travaillait depuis des années dans les Centres de protection radiologique qu'il avait fondés. C'est Nesterenko, en effet, qui a créé, dès 1990, 370 centres locaux de contrôle radiologique des aliments (CLCR) dans les villages les plus contaminés; c'est lui qui a formé à la radioprotection les professionnels des villages (médecins, infirmières, maîtres d'école…); c'est lui qui instruit les enfants des villages, plus réceptifs que les adultes, pour qu'ils éduquent leurs parents dans les cuisines sur la façon de traiter les aliments; c'est lui qui fut le premier et le seul à mesurer systématiquement la contamination interne de l'organisme des enfants et à fournir ses données au Ministère de la santé et au professeur Bandajevsky, qui mettait ses données en relation avec les pathologies qu'il étudiait.

Mais là s'arrête justement le parallélisme entre Nesterenko et les auteurs du programme ETHOS-CORE.
Il y a une omission essentielle dans ce Programme et une idéologie, qui en changent totalement la nature et le rendent inopérant par rapport au travail de radioprotection expérimenté et préconisé par les professeurs Nesterenko et Bandajevsky au cours de ces années. La science de ces deux scientifiques c'est d'avoir démontré la nocivité de l'incorporation chronique du radiocésium dans les cellules et les tissus, ainsi que la possibilité d'éliminer ce poison radioactif par la prise orale de pectine. Ce problème de l'élimination des radionucléides du césium 137 incorporé dans l'organisme par les habitants via la nourriture contaminée, n'est jamais pris en compte par le Programme CORE, mais au contraire, de fait, combattu. En effet, l'adoption officielle de la prophylaxie par adsorbants à base de pectine, réclamée par Nesterenko pour protéger au moins les 500 000 enfants contaminés du Belarus, changerait la nature de ce Programme européen de façon radicale. Car reconnaître à la pectine de pommes une efficacité et une utilité réelles, constater l'effet bénéfique sur la santé de cet adsorbant naturel qui accélère l'élimination des radionucléides de l'organisme, porterait à reconnaître automatiquement qu'une contamination de masse existe réellement, qu'elle est bien causée par le Césium137 répandu par l'incendie de Tchernobyl et non par le “stress”, et qu'il est nécessaire, sinon d'évacuer tous les enfants des territoires contaminés, au moins de distribuer cet additif alimentaire d'urgence pour freiner la catastrophe sanitaire croissante.
Mais ETHOS-CORE refuse de financer la pectine et organise la réhabilitation. Son texte n'explique pas comment la RÉHABILITATION des territoires qu'il prône pourrait garantir la protection des 80% des enfants du Belarus, qui sont malades suite à la catastrophe de Tchernobyl. Les enfants malades n'étaient que 20% avant 1986: données officielles du ministère de la santé. [Déclaration du Président de l'Académie des sciences du Belarus, en décembre 1999, confirmée par le Vice-ministre de la santé du Belarus à l'audition parlementaire sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, en avril 2000.]

Quelques questions et commentaires au texte du projet CORE

(en noir le texte original, en rouge les mises en évidence, en bleu les commentaires)

Préambule : pourquoi le projet CORE ?

(p.3 de l'original)

L’option d’une coopération pour la réhabilitation, qui fonde le programme CORE, repose sur la conviction partagée de ses partenaires que la situation traversée par les habitants des territoires contaminés suite à l’accident de Tchernobyl et la recherche de voies de réhabilitation constituent un enjeu essentiel aussi bien au plan local et national en Biélorussie que pour la communauté internationale.
Ce constat résulte du sentiment partagé d’une grande vulnérabilité des hommes et des sociétés face à une situation de pollution radioactive diffuse de grande ampleur. Cette question est présente dans les pays ayant opté pour une dimension nucléaire dans leur production énergétique aussi bien que chez leurs voisins. La connaissance de cette situation et de ses enjeux constitue une dimension incontournable dans la construction de politiques énergétiques porteuses d’impacts aussi bien pour l’homme que pour son environnement.
Au-delà de la question nucléaire, l’engagement des partenaires du programme est fondé sur la conviction que cette situation se situe au cœur de la problématique éthique du développement technique et scientifique et de ses effets sur l’homme.
D'emblée, le cœur de la question est transcendé, esquivé, dilué.
Comment l'accident d'une centrale atomique peut-il se situer “au-delà de la question nucléaire”? Cette incohérence logique, tellement absurde qu'elle en devient invisible, donne l'illusion d'une approche sérieuse et pluraliste, mais qui désoriente et fige tout le projet : après avoir évacué le nucléaire on invoque la morale à propos de “ses effets sur l'homme”. Mais effets de quoi, si c'est à propos de Tchernobyl qu'on soulève ici la question éthique du développement technique et scientifique? Dans ce texte il faudra faire très attention aux mots. Orwell l'avait montré : ce sont les mots qui déterminent l'action. C'est sur une nuance, sur une prestidigitation sémantique, sur l'esquive verbale, que se joue un conflit, qui met en jeu ici des millions de vies humaines. Pour le dogme officiel le rôle de la radioactivité interne à faibles doses est insignifiant pour la santé. CORE s'attèle donc à réhabiliter les territoires. On pourra y vivre bien, il suffira d'obéir aux instructions des “experts”. A la contamination on ajoute ainsi une prise d'autorité sur les victimes : on les écrase deux fois. Si elles sont malades, c'est qu'elles n'ont pas suivi les instructions, c'est leur faute. Victimes et coupables. Dans ce scénario, la pectine ne sert à rien. Elle gêne, car elle révèle la cause radiologique qu'on occulte. La sociologie nous accompagnera ensuite et nous expliquera par ses analyses des comportements et des symboles comment on vit et ce qu'on devient dans ce “monde nouveau”.

La mise en œuvre d’une démarche de réhabilitation ne préjuge en aucune manière des choix individuels et collectifs de ceux qui restent confrontés directement à la contamination dans les territoires affectés par Tchernobyl.

Que veut dire concrètement REHABILITATION d'un territoire imbibé de césium137? Quelle peut être la liberté de CHOIX alors qu'on est contraint de continuer à vivre dans un tel territoire? Choix entre quoi et quoi? Les choix concrets de réhabilitation, effectués par CORE et financés par les contribuables européens, ne constituent-ils pas une prédétermination et un conditionnement en amont des choix de la population? En 1998, ETHOS publie un album poétique de photos en couleurs sur papier glacé, montrant des paysans intemporels aux prises avec un “monde nouveau”. Sa publication de propagande se termine par cette phrase : “…vivre sous Tchernobyl, c'est réapprendre à vivre, à vivre autrement, intégrer au quotidien la présence de la radioactivité comme composante nouvelle de l'existence…”. En 1958, l'OMS écrivait déjà que : “… du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude…” [Rapport Oms N°151, 1958] En effet, la censure des travaux scientifiques de la Faculté de médecine de Gomel, dirigée par le Recteur Bandazhevsky et de l'Institut indépendant “Belrad” du Professeur Nesterenko, alliée à cette gestion virtuelle des conséquences de “l'accident”, financée par l'Union Européenne, garantit “l'ignorance et l'incertitude” dans un monde nouveau, c'est à dire un monde auquel on est condamné, auquel on devra “s'accommoder” (“Glissez mortels, n'insistez pas.”).

La démarche CORE vise à créer les conditions de choix et de modes de vie autonomes et informés au sein des populations de ces territoires. C’est pourquoi l’approche développée dans CORE est avant tout fondée sur l’homme et sur sa capacité d’initiative individuelle et collective. Cette démarche repose d’abord sur l’accompagnement des initiatives locales et sur la mise en œuvre de dispositifs d’éducation.

Modes de vie AUTONOMES dans des territoires, qui resteront contaminés pendant plusieurs générations? Qu'est-ce que l'autonomie? Quelles sont les initiatives individuelles et collectives à la hauteur du désastre? “Chacun pour soi!”, écrivait Bandajevsky, avant d'être jeté au cachot. l'État ne portant plus aucune responsabilité pour la santé des populations“. Car c'est l'État – ou les États, l'Europe, le monde riche - qui est responsable. Nesterenko demandait l'évacuation immédiate des enfants dans un rayon de 100 km. de la centrale. Et Nesterenko, bien que ETHOS avait promis de l'impliquer, ne figure pas sur la liste du Comité de Préparation de CORE (voir plus loin). Il n'a participé de fait (non de droit) à la phase de Préparation du projet qu'à la suite d'une intervention des ambassadeurs d'Allemagne et de France.

Dans cette perspective, le programme CORE a pour objectif de favoriser la construction d’un patrimoine commun au plan local, national, et international, par la reconnaissance, la compréhension et la mémoire de l’événement de Tchernobyl et de la réponse apportée par l’Homme à cette situation.

Un musée pour la mémoire d'un évènement du passé? Les pathologies nouvelles, les avortements, les malformations actuelles et des générations futures n'entrent pas dans le concept “événement de Tchernobyl”. Pour la compréhension de ce qui se passe dans les territoires et dans les organismes contaminés du point de vue de l'urgence sanitaire, lire la Note de Michel Fernex à la fin de cette analyse [p.32]

Contributeurs de la phase de préparation (p.4 de l'original)
Le présent rapport présente une synthèse provisoire des travaux engagés dans la phase de préparation du programme CORE (voir 1.3) depuis le début de l’année 2002. Les participants engagés dans cette phase de préparation sont les suivants :

Comité de Préparation
M. Valéry BERESTOV Président du Comité Exécutif du District de Slavgorod
M. Neil BUHNE Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD)
M. Vladimir CHEVTCHUK Vice–président du Comité Tchernobyl de Biélorussie
M. Gilles HERIARD DUBREUIL Groupe ETHOS
M. Norbert JOUSTEN Chef de la Délégation de la Commission Européenne pour le Biélorussie et l’Ukraine
M. Sergeï KULYK Banque Mondiale
M. Guillaume KASPERSKY Ambassade de France au Biélorussie
Mme Sylvie LEMASSON Ambassade de France au Biélorussie
M. Jacques LOCHARD Groupe ETHOS
M. Vassili MAXIMENKO Président du Comité Exécutif du District de Tchetchersk
M. Henry OLLAGNON Groupe ETHOS
M. Vladimir PACHKIEVITCH Président du Comité Exécutif du District de Stolyn
M. Richard STEFANOVITCH Président du Comité Exécutif du District de Braguin
M. Vladimir TSALKO Président du Comité Tchernobyl de Biélorussie
M. Matthias WEINGART Consulat Suisse en Biélorussie, Coordinateur de l’Aide Humanitaire

Quelques caractéristiques.

CHEVTCHUK, personnage du Ministère de la santé placé auprès de Tsalko au Comtchernobyl. C'est lui qui a chassé Nesterenko, sur instigation d'ETHOS, de ses villages dans le district de Stoline: “Cette décision est prise suite à la recommandation du groupe de travail du COM.TCHERNOBYL, dans le cadre de la collaboration avec des scientifiques français dans le projet de la Commission Européenne “ETHOS-2”, et conformément à la proposition de ces derniers. (c'est moi qui souligne w.t.) [Lettre Comtchernobyl N°05/276 du 25.01.02, signée Chevtchuk] HERIARD DUBREUIL, Groupe ETHOS, directeur de Mutadis. Ce groupe d'étude, spécialisé dans la gestion sociale du risque, assure la coordination du projet CORE. De par sa fonction, Hériard Dubreuil peut avoir un rôle important dans l'acceptation ou le refus opposé au financement de la pectine demandé par Nesterenko. Pour le moment, il s'y oppose, c'est le principal adversaire français.
Les 2-4 mai 2003, Nesterenko a participé à une conférence à Brühl (Allemagne), dont la plus intéressante des discussions eut lieu à la section “Débats sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl à l'AIEA, à la Commission Européenne et à l'ONU”. Les présidents (et intervenants) de cette section étaient le Dr. Edmund Lengfelder, Otto Hug Strahleninstitut, München und Mr. Hériard Dubreuil, CORE-Programm, Paris.
Hériard Dubreuil, venu de Paris avec le Pr. Ollagnon, a appelé les Allemands à participer au Programme CORE. Après l'intervention du Pr. Ollagnon, le Dr Lengfelder déclara : “ETHOS était financé par Euratom, le programme CORE n'est-il pas lui aussi un projet du lobby atomique?”.
Avant la séance, Dubreuil et Ollagnon ont dit à Nesterenko que l'ambassadeur de France leur avait envoyé le Bulletin d'information N°23 de “Belrad”, où Nesterenko critiquait CORE pour le refus de la radioprotection des enfants par des cures de pectine. Hériard Dubreuil déclara que
dans l'avenir les experts français donneraient un avis positif concernant les pectines. Nesterenko lui a répondu que les enfants étaient malades aujourd'hui et qu'ils n'avaient pas le temps d'attendre les experts français.

Du côté biélorusse, le principal adversaire s'appelle Kenigsberg, c'est la personne de référence reconnue par l'AIEA et par l'UNSCEAR. Il occupe depuis janvier 2002 le poste de président du Comité de Protection Radiologique du Belarus et était vice-directeur de l'Institut de médecine radiologique du Ministère de la Santé du Belarus – celui des 16 milliards de roubles sur 17 gaspillés, critiqués par Bandajevsky dans son rapport de 1999 - jusqu'à sa fermeture définitive, le 10 mars dernier. Bandajevsky l'a cité nommément dans son rapport. Suite à notre dénonciation de l'expulsion de Nesterenko des villages où il travaillait depuis des années, des lettres très dures ont été échangées avec ETHOS et quelques rencontres difficiles ont eu lieu entre Nesterenko et les deux managers, Heriard Dubreuil et Lochard. Nous avons filmé une de ces rencontres, au cours de laquelle aucune justification, explication ou regret n'a été exprimé par les Français pour avoir suggéré l'expulsion du scientifique biélorusse de ses villages. C'était la tranquille insensibilité de l'occupant envers les raisons de l'occupé. Ils ont refusé de dédommager la dosimétriste de Nesterenko du Village Olmany, qui avait fait pour eux un travail extraordinaire non rétribué et leur a fourni les données des mesures de Belrad, avec l'accord de Nesterenko. Les deux hommes se sont déclarés par contre disponibles pour une collaboration avec “Belrad” dans un projet commun à présenter à la Commission Européenne (Programme TACIS) [Téléphone entre W. Tchertkoff et J.Lochard le 8.02.01 et Rencontre à Minsk en juin 2001]. Lors d'une autre rencontre dans leur chambre d'hôtel de Minsk, ils ont signifié à Nesterenko qu'il devait interrompre ses rapports avec le professeur Fernex, s'il voulait collaborer avec eux. Ils ont dû faire marche arrière, quand Nesterenko interrompit la conversation et se dirigea vers la porte.
A deux reprises, ils ont évité le désagrément d'être dénoncés publiquement :

M. Fiodor FLECHTOR Agence de Développement de Gomel
Mme Ludmilla JOUKOVSKAÏA Institut de Radiologie de Pinsk
M. Alexeï MELECHNÏA Institut d’Économie Agricole de Minsk
M. Vassili NESTERENKO Institut BELRAD
M. Alexeï SMIRNOV Comité Tchernobyl
Mme Galina SOKOLIK Université d’État de Biélorussie
M. Alexandre SOUDAS Institut de Radiologie de Pinsk
M. Sergeï TARASSIUK
Mme Zoé TROFIMTCHIK Comité Tchernobyl, coordinatrice du Groupe Projets


Comité de partenariat
Mme Marie-Jo BELLIARD A Tous Vents du Monde
| Médecins du Monde | | M. Bruno CESSAC | Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) | | Mme Sylvie CHARRON | IRSN | |<color red> Mme Myriam COSTA Médecins du Monde
M. Alain DASSONVILLE Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires Rurales
M. Jean-Charles DERONGS Formation Épanouissement, Renouveau de la Terre (FERT)
Mme Béatrice de DURFORT Patrimoine Sans Frontière
M. Guillaume GRANDAZZI LASAR, Université de Caen
M. Hans GUNNAR ADEN Ambassade de Suède à Paris
M. Gilles HERIARD DUBREUIL Groupe ETHOS, Mutadis
M. Didier HERVE Institution Patrimoniale du Haut Béarn (IPHB)
M. Samuel LEPICARD Centre d’études sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine du Nucléaire (CEPN)
M. Jacques LOCHARD Groupe ETHOS, CEPN
Mme Catherine LUCCIONI IRSN
M. Michel MOLLARD FERT
M. Henry OLLAGNON Groupe ETHOS, Institut National Agronomique de Paris-Grignon (INAP-G)
M. André OUDIZ IRSN
M. Thierry SCHNEIDER CEPN
M. Francis THUBE GRAINE (éducation à l’environnement)
M. Vincent WALLAERT Mutadis

BRUGIERE, Directeur Général de Médecins du Monde. Il a visité Belrad en été dernier (2002), a écouté Nesterenko et Galina Bandajevskaya.
Le 23 décembre 2002, il écrivait à Michel Fernex, qui, sur demande de Nesterenko, lui avait envoyé de la documentation en français :
Monsieur , j'ai bien reçu vos documents qui confirment la conversation que j'ai eu avec le Pr. Nesterenko . Ce que je ne comprends pas au sujet de l'effet de la Pectine comme adsorbant de décontamination interne au C137, c'est sa non reconnaissance par les experts médicaux travaillant sur les problèmes de radioprotection . Est-ce que vos essais cliniques sont méconnus ? est-ce que la méthodologie est contestable ? est-ce que la Pectine rassure les populations et les rends moins vigilants quand à leurs pratiques de prévention dosimétrique alimentaire?
J'aimerais avoir votre point de vue sur ces QS. En attendant recevez mes amitiés confraternelles.
Michel Brugière. DG de MDM. En réponse, Michel Fernex a signalé au Dr Brugière la conférence de Bâle du 15 février 2003, au cours de laquelle devaient être présentés les résultats de l'expérimentation à double insu sur l'efficacité de la pectine et sur la réversibilité des pathologies cardiaques, suite à la diminution de la charge coprorelle en Cs137, mais il n'est pas venu. Cela ne préjuge de rien. On peut discuter sérieusement avec le Dr Brugière. Michel et Solange Fernex l'ont rencontré récemment à Paris sur le même sujet. Il ne comprend pas pourquoi on fait tant d'histoires autour de la pectine, si le Ministère de la santé d'Ukraine en recommande l'emploi dans ce contexte. Je lui ai envoyé le texte en ukrainien de la circulaire du ministre de la santé d'Ukraine. COSTA Myriam a participé à la rencontre de Michel et Solange Fernex avec le Dr. Brugière, dont elle est une collaboratrice. Elle s'est obstinément opposée à la pectine, sans savoir fournir de raisons convaincantes. Elle s'étonnait : “je ne vois pas pourquoi il faudrait absolument financer Nesterenko”, à quoi les Fernex ont répondu qu'il s'agissait d'aider les enfants inclus dans le projet CORE avec une méthode éprouvée et reconnue en Ukraine. LUCCIONI Catherine, médecin IRSN. Elle a traité Galina Bandajevskaya de haut, avec une certaine suffisance : “Vos découvertes ne sont pas publiées, personne au monde ne les connaît. Nous sommes venus pour confirmer ou infirmer les travaux de votre mari, en commençant par le commencement.” Quand Galina a su qu'elle comptait se limiter aux auscultations et aux électrocardiogrammes, elle lui a objecté que cela signifiait repartir à zéro, alors que Bandajevsky avait établi les corrélations quantifiées entre les pathologies et le césium137 incorporé, en 9 ans de recherches, par trois voies parallèles : clinique, expérimentale sur animaux de laboratoire et anatomopathologique des organes humains à partir d'autopsies. La lenteur de la démarche et la modicité relative des moyens engagés dans les recherches et le suivi médical du Programme CORE constituent une perte de temps injustifiable, alors que la morbidité dans la population, surtout enfantine, augmente de façon dramatique. Il faudrait reprendre les données déjà acquises, les vérifier par les mêmes méthodes et aller de l'avant. Il s'agit de non assistance à population en danger.

Comité de liaison biélorusse
Ministère de la Santé
Ministère de l’éducation
Ministère de l’Agriculture
Ministère des Affaires Étrangères
Commission Tchernobyl du Parlement biélorusse
Oblast de Gomel
Oblast de Moguilev
Oblast de Brest

MINISTERE DE LA SANTÉ. – Dans sa relation de la discussion du 12 juillet 2002, Nesterenko écrit qu'en réponse à “l'importance attribuée par les spécialistes français à la création par l'Institut Belrad du réseau de CLCR, le vice ministre de la santé du Belarus, V.I.Klioutchenovitch, a exprimé l'opinion contraire qui fit dissonance (à celle de Nesterenko-Lochard): le Ministère de la Santé serait contre l'installation de Centres locaux de contrôle radiologique proches de la population car l'information fournie par les CLCR créerait de gros problèmes aux gens et provoquerait des complications inutiles.
Jacques Lochard a rétorqué que la création de CLCR indépendants et d'un système de contrôle non gouvernemental sur SRH correspondait au désir de la population des territoires contaminés et constituait la condition sine qua non du financement par les partenaires européens des projets CORE proposés.
J.E.Kenigsberg a dit dans son intervention qu'un projet international de cette envergure devait selon lui s'appuyer sur un système étatique de contrôle radiologique des produits alimentaires et de mesures sur SRH des enfants. Ce point de vue fut confirmé par le médecin sanitaire principal du Belarus, V.I.Klioutchenovitch.
J.Kenigsberg a exprimé son regret de ne pas voir de représentant du Ministère de la Santé parmi les experts de CORE (pourtant au cours de nos voyages nous avons travaillé avec les services locaux du Ministère de la santé – au niveau du district). Il a proposé que les projets CORE soient soumis à une expertise du Ministère de la Santé et du Comité de Protection Radiologique du Belarus. Il est évident qu'après une expertise de ce genre il ne sera plus question dans les projets ni de CLCR, ni de l'utilisation du SRH comme instrument permettant de juger avec objectivité de l'efficacité des mesures de protection, ni de pectine, etc…
Pendant la pause J.Kenigsber s'est dépensé à convaincre le dirigeant d'ETHOS et la représentante des Médecins du Monde qu'il était inutile de dépenser de l'argent pour financer un système de contrôle indépendant alors que toutes les décisions des structures étatiques de radioprotection se fondaient sur le système de contrôle organisé par l'État.”
(Nesterenko)

N.B. L'attitude positive et résolue de Jacques Lochard en faveur des CLCR (“condition sine qua non du financement”) montre que les objectifs importants sont choisis et décidés au niveau d'ETHOS. Rien n'empêche d'avoir la même détermination en faveur d'un adsorbant dont l'efficacité a été démontrée et dont les enfants ont un urgent besoin.

1. Présentation du contexte de préparation du programme CORE

(p.7 de l'original)

1.1. Des conditions de vie profondément affectées dans les territoires contaminés près de quinze ans après la catastrophe de Tchernobyl

Près de 8 millions de personnes vivent actuellement dans des territoires contaminés par l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986. Ces territoires représentent près de 140 000 km² et sont situés dans trois républiques de l’ex-URSS : la Fédération de Russie, l’Ukraine et la République du Bélarus.
De toutes ces républiques, la Biélorussie est la plus touchée par l'accident de Tchernobyl avec 23% de son territoire contaminé, soit une surface d'environ 46 500 km². A titre de comparaison, l'Ukraine n'a que 4.8% de son territoire contaminé et la Russie 0,5%. En Biélorussie, les régions les plus contaminées sont celles de Gomel, Moguilev et Brest, essentiellement situées au sud et sud-est de la République. Près de 2 millions de Biélorusses, soit un cinquième de la population totale qui est de 10,3 millions d'habitants, vivent ainsi dans des territoires contaminés radiologiquement à des degrés divers.
Bien que 80% de ces populations vivent dans des régions où le niveau de contamination au sol de Césium 137 est relativement bas, pour de nombreuses raisons, la persistance d’un risque radiologique ne peut être négligée. En effet, des processus radiologiques complexes de reconcentration peuvent conduire, dans certaines situations, à des niveaux d’exposition problématiques pour les habitants, particulièrement pour les enfants de ces territoires. Un second argument est fondé sur le principe de précaution, compte tenu de l’incertitude sur les conséquences à long terme pour l’homme qui sont associées à la vie dans un environnement marqué par une pollution radioactive diffuse.

Contorsions.

Ne pouvant pas nier la morbidité accrue chez les enfants et voulant éviter l'hypothèse de la contamination interne par la nourriture, le texte de CORE explique “le risque radiologique non négligeable” par des niveaux d'exposition, (sans doute externes). Mais cela est impossible selon le dogme officiel, car ces niveaux sont en réalité très bas. Oui mais, ils subissent
“des processus radiologiques complexes de reconcentration” (où cela, dans l'air, dans le sol ou dans les organes?).
“Pollution radioactive diffuse”: faux. La pollution radioactive n'est justement pas diffuse, comme le montrent les travaux de Nesterenko et de ses collaborateurs. La pollution radioactive n'est pas non plus uniforme, en particulier dans la chaîne alimentaire et dans les systèmes et les organes vitaux, comme le montrent les travaux de Bandajevsky et de ses collaborateurs.

Cette pollution radioactive affecte fortement l’économie de ces territoires qui repose en grande partie sur l’agriculture. Elle est à l’origine d’une profonde inquiétude de la population concernant ses possibles effets sur la santé, ceci particulièrement pour les enfants. La présence de contamination radioactive est également à l’origine d’une dépréciation du cadre de vie, des ressources naturelles, des valeurs culturelles, symboliques et esthétiques qui sont attachées à ce cadre de vie. Enfin, la dynamique d’évacuation et de relogement depuis l’accident de Tchernobyl a profondément perturbé les équilibres démographiques et sociaux de ces territoires.
Ces différents éléments font que, quinze ans après la l’accident de Tchernobyl, on peut observer une dépréciation profonde et persistante de la qualité de la vie des habitants des territoires contaminés.

Admirable esquive: on parle de l'agriculture, mais pour bifurquer immédiatement: elle est à l'origine d'une PROFONDE INQUIÉTUDE et non de la contamination interne par incorporation du Cs137 à travers les aliments. On n'explique pas pourquoi l'agriculture doit inquiéter. Pour ne pas s'aventurer dans une zone interdite par la science officielle (AIEA, OMS, UNSCEAR, Gentner enseigne) on parle avec sollicitude de “valeurs culturelles, symboliques et esthétiques”. ETHOS-CORE enseignera aux paysans une nouvelle culture : l'optimisme, l'initiative et des règles de comportement, sans les aider là où se situe le vrai danger et l'urgence : les maladies de leurs systèmes et organes vitaux. Maladies qu'on refuse de prévenir et qu'on soigne mal parce que la connaissance est interdite.

En réalité, les habitants que nous avons interrogés et filmés en septembre 2002 dans les villages à l'est de la rivière Soj, district de Slavgorod, (ils sont suivis par l'organisation allemande Jülich, qui les mesure, mais ne les protège pas), sont dans la complète ignorance de ce qu'ils ingèrent. Ils se sont habitués “soviétiquement” à subir : à se sentir plus ou moins mal et à mourir prématurément. Chez les enfants c'est plus grave que chez les adultes : dans une première phase, s'ils sont apparemment bien nés, le mal est imperceptible, puis quand cela se déclare c'est déjà tard. Qu'il s'agisse du cœur, des yeux, de gastrites ou d'une quelconque autre pathologie. Ce sont les enfants qui font partie des 80, 90 ou 100% des enfants malades de ces régions. Les habitants sont passés du subir soviétique au subir radioactif insaisissable. Dans les deux cas, résignation et impuissance. Désinformation. On ne note pas de
“profonde inquiétude” dans les interviews, mais l'ignorance, un manque d'information et une totale absence de contrôle et d'aide médicale qualifiée. Les parents des enfants n'attribuent pas une grande importance à des symptômes qu'ils ne comprennent pas, comme maux de tête persistants, essoufflements, fatigue. Ils ne savent pas que le cœur est atteint.

En paraphrasant Sebastian Pflugbeil, on peut dire que
“Les Biélorusses ne sont aujourd'hui que les cobayes d'un énorme laboratoire radiologique, où les pays riches d'Occident recueillent leurs données scientifiques. Il rappelle que “du point de vue de l'éthique médicale, aux États-Unis et dans les pays européens, la recherche scientifique sur les maladies des patients n'est pas admise, si dès le départ [souligné par w.t.] leur traitement complet n'est pas garanti. Pourquoi cela doit-il être différent, si les recherches ont lieu au Belarus?” [Zeit-Fragen, 11. Jahrgang Nr. 10, 17. März 2003] Mais dans le cas du Programme ETHOS-CORE il n'y a même pas de recherche scientifique digne de ce nom. Voir à ce sujet la discussion de Catherine Luccioni avec Galina Bandajevskaya (p. 11) et la note finale de Michel Fernex (p. 32).

1.2. Le contexte international : les conclusions convergentes de différentes démarches d’évaluations (p.8 de l'original)

Plus de quinze ans après l’accident de Tchernobyl, différentes démarches internationales portant sur l’évaluation des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl1) se rejoignent sur un ensemble de conclusions concernant la situation dans les territoires contaminés:

  • Quinze ans après, la catastrophe et deux ans après la fermeture définitive de la centrale de Tchernobyl, la situation dans les territoires affectés par l’accident demeure extrêmement préoccupante d’un point de vue radiologique et sanitaire (notamment en ce qui concerne la santé des enfants) aussi bien qu’environnemental, économique et social… Une série de facteurs, en particulier, la dégradation de la situation économique, la désintégration de l'URSS, etc. ont renforcé les conséquences de cette catastrophe. (Quinze ans après, la catastrophe et deux ans après la fermeture définitive de la centrale de Tchernobyl, la situation dans les territoires affectés par l’accident demeure extrêmement préoccupante d’un point de vue radiologique et sanitaire (notamment en ce qui concerne la santé des enfants) aussi bien qu’environnemental, économique et social… Une série de facteurs, en particulier, la dégradation de la situation économique, la désintégration de l'URSS, etc. ont renforcé les conséquences de cette catastrophe.)
  • Le problème complexe de la réhabilitation des conditions de vie dans les territoires contaminés, qui comprend la restauration de l'activité économique et sociale en tenant compte de la nécessité de sécuriser les conditions de vie de la population, devient la première priorité. Ce problème n'a pas d'analogues dans l'histoire par sa complexité et par son envergure.(La population n'a pas besoin d'être sécurisée, elle a besoin d'aliments non contaminés par des radionucléides. Cette mesure reste trop coûteuse pour la population rurale du Belarus, d'où l'urgence de donner aux enfants des cures de pectine de pomme de un mois, 3 à 4 fois par année, dans les cantines scolaires. Au lieu d'aborder scientifiquement les problèmes de santé, de reconnaître la pathogénie des maladies des enfants de ces régions, pour prendre des mesures préventives efficaces, on dévie du sujet.)
    Il est nécessaire de mettre en œuvre une nouvelle stratégie de réhabilitation durable des conditions de vie dans les territoires contaminés qui soit différente des programmes d’urgence appliqués depuis 1991 en Biélorussie, en Ukraine et en Russie et fondés sur une importante solidarité nationale. Ces politiques ont fait preuve d’une efficacité certaine mais sont aujourd’hui inadaptées dans la perspective d’une réhabilitation durable des conditions de vie et de la santé des territoires contaminés.
  • Cette nouvelle approche doit être intégrée, c'est-à-dire prendre en compte la complexité et l’interdépendance des problèmes rencontrés dans les territoires affectés. Il devient dès lors impossible d’aborder de façon séparée les catégories d’action publique de la santé, de l’environnement, du développement économique, de la dosimétrie, de la radioprotection, de la pédagogie etc. Ces différentes dimensions doivent nécessairement faire l’objet d’une approche intégrée et étroitement coordonnée.
    (L'approche intégrée ne doit pas faire négliger les obligations qu'a une nation de protéger la santé de ses enfants. Les familles seront sécurisées dès que leurs enfants recommenceront à jouer, à apprendre et ne plus avoir besoin périodiquement de séjours hospitaliers.)
    Un développement sous contrainte radiologique n’est envisageable que par une mise en synergie des acteurs locaux, nationaux et internationaux dans le cadre d’une action en commun organisée pour faciliter leur implication.

DÉVELOPPEMENT SOUS CONTRAINTE RADIOLOGIQUE, RÉHABILITATION DURABLE.
Terrible. On fixe les populations dans les territoires contaminés et on noie la contamination radioactive dans la pluralité des facteurs à contrôler. Pas question de mettre en exergue l'urgence des urgences : évacuer ou, au moins, diminuer la radioactivité interne afin d'éviter les pathologies irréversibles. Solange Fernex récapitule magistralement dans l'Ecologiste de février 2003 : Le rapport de “consensus” de l'ONU sur Tchernobyl publié en février 2002 reprend largement les propositions du lobby nucléaire : il s'agit de réhabiliter l'économie des territoires contaminés, d'aider les population à les “développer” et même à les recoloniser. Ces propositions optimistes ne se basent sur aucune mesure de la radioactivité chez les humains ou des denrées alimentaires cultivées localement. “Tchernobyl c'est fini”, “c'est la crise économique et le stress qui sont responsables des problèmes rencontrés par les habitants”. Ceux-ci doivent être rassurés et reprendre une vie normale. Suivant cette logique, le décret du 8 août 2002 a exclu au Belarus 146 localités, soit 74 000 habitants, de la zone à contrôle strict. 20 000 enfants sont concernés.

CORE-ETHOS suit docilement cette ornière du lobby nucléaire.

Et c'est du travail durable sur la planche pour
“Mutadis”, le coordinateur spécialisé dans la gestion sociale du risque. Ce groupe d'étude appartient à la floraison de conseillers du Prince, qui, à l'ère de la globalisation néolibérale, enseignent aux dirigeants d'entreprises comment gérer et gouverner les “ressources humaines” (c'est ainsi qu'on définit maintenant les humains qui “rendent”). “Mutadis” organise pour le compte des États nucléarisés (Commission Européenne) le contrôle social des lendemains d'un accident nucléaire majeur. Ce sont des managers, ce ne sont pas des scientifiques. Eux- mêmes se définissent experts. En quoi?
En février 2001, j'écrivais à Jacques Lochard :“La radioprotection dans les territoires contaminés de Tchernobyl est impossible sans la science, appliquée à l'organisme de chaque enfant et des aliments qu'il absorbe. C'est ce que le Ministère de la santé du Belarus ne veut pas faire, pour pouvoir continuer à publier ses données statistiques générales et fausses. C'est le motif de son opposition au travail du Professeur Nesterenko avec les Spectromètres pour le Rayonnement Humain, dont les mesures concrètes révèlent les vraies doses de contamination. Celles-ci sont essentielles pour la prophylaxie ciblée de chaque enfant et pour l'établissement de la corrélation entre la charge des radionucléides incorporés dans l'organisme et les nombreuses maladies étudiées par l'anatomopathologiste Bandazhevsky. Mais elles révèlent également l'ampleur réelle de la catastrophe de Tchernobyl, qui ne fait que commencer. Ne pas s'occuper de science, mais seulement d'éducation et de support sociologique, peut devenir un alibi de couverture, qui laisse les choses en l'état dans “l'ignorance et dans l'incertitude”.

Vous avez raison de souhaiter que les Biélorusses prennent eux-mêmes leur destin dans leurs mains. Les Biélorusses ce sont d'abord les scientifiques comme Nesterenko. Soit leurs connaissances imposeront une politique de radioprotection authentique, soit il n'y aura pas de radioprotection du tout. Sans ces scientifiques, les pauvres paysans pris au piège, sans moyens ni connaissances, n'auront jamais la force de faire face à leur destin. Les 370 Centres doivent être rétablis.”

1.3. La démarche de préparation du programme CORE en 2002 (p.9 de l'original)

Une initiative du Comité Tchernobyl de Biélorussie

Sur la base de ce constat partagé, le Comité Tchernobyl de Biélorussie a rassemblé à Minsk le 21 novembre 2001 les représentants de différentes institutions internationales dans le but d’initier la préparation d’un projet commun visant à la réhabilitation durable des conditions de vie dans les territoires contaminés de Biélorussie : le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), la Banque Mondiale, la Commission Européenne, l’Ambassade de France en Biélorussie, le Consulat Suisse des Affaires Étrangères ainsi que des experts du projet ETHOS.

L’organisation de la phase de préparation

Trois instances parallèles ont été formées pour contribuer à différents niveaux (local, national et international) à la préparation du programme CORE:

  • Le Comité de Préparation, comprenant des représentants du Comité Tchernobyl, du Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), de la Banque Mondiale, de la Commission Européenne, de l’Ambassade de France en Biélorussie, du Consulat Suisse des Affaires Étrangères et des experts du groupe ETHOS, pilote le processus de préparation sur le plan international.
  • Le Comité de Partenariat européen regroupe institutions de recherche, entreprises, ONG européennes susceptibles de coopérer avec des acteurs biélorusses et internationaux pour l’élaboration, le suivi ou le financement d’initiatives dans le cadre du programme CORE.
  • Le Groupe Projets composé de 7 à 10 experts biélorusses et d’un représentant de chacun des districts engagés dans la participation au programme CORE a pour mission d’investiguer et d’identifier les projets émergeant au niveau local et de participer à l’élaboration de ces projets ainsi qu’à celle de critères d’éligibilité et d’évaluation.

Le déroulement de la phase de préparation depuis début 2002

Depuis la réunion internationale du 21 novembre 2001, ces trois instances ont contribué en Biélorussie, en Europe et sur le plan international à la préparation du programme CORE. Le lancement de la phase préparatoire fut ainsi donné le 6 mars 2002, à l’occasion de la première réunion du Comité de Préparation à Minsk.
Sur le plan biélorusse et au niveau local, d’avril à octobre 2002, le Groupe Projets biélorusse, à travers quatre missions dans les territoires contaminés et la rédaction de rapports d’investigation, a permis:

  • La compréhension des contextes locaux propres aux districts concernés;
  • Une première identification de projets potentiels émergeant au niveau local;
  • Une mise en visibilité du programme CORE;
  • L’émergence d’acteurs relais potentiels au niveau local;

Parallèlement, sur le plan européen, un Comité de Partenariat a été constitué qui regroupe un ensemble d’acteurs et d’institutions en Europe très divers2), porteurs d’enjeux vis-à-vis de la problématique de la réhabilitation durable des conditions de vie dans les territoires contaminés de Biélorussie (voir « Pourquoi le programme CORE ? ») et susceptibles de s’impliquer dans le programme CORE.
Par ailleurs, dans le cadre d’une mission en Biélorussie en juillet 2002, les membres du Comité de Partenariat aux côtés du Groupe Projets biélorusse ont mené des investigations pour identifier avec les acteurs locaux les domaines d’action envisageables dans le cadre du programme CORE. A l’occasion de la réunion organisée à Minsk le 12 juillet avec le Comité de Préparation, les différents participants de la phase préparatoire (partenaires européens, représentants des bailleurs de fonds, acteurs biélorusses nationaux et locaux) ont ainsi pu se rencontrer et commencer à élaborer les conditions et les moyens d’une coopération sur différents projets de santé, de développement économique des zones rurales, de qualité radiologique ainsi que d’éducation et de mémoire.
En outre, un Comité de Liaison interministériel et interrégional a été formé mi-2002 par le Comité Tchernobyl dans la perspective de l’intégration des différentes composantes concernées par le programme CORE au sein de l’administration nationale et régionale de Biélorussie.
La phase de préparation du programme CORE doit s’achever par une seconde mission commune du Comité de Partenariat et du Groupe Projets en Biélorussie au mois de décembre 2002 qui permettra aux différents partenaires de finaliser les conditions et les moyens de leur coopération. Une réunion du Comité de Préparation en présence du Groupe Projets et du Comité de Préparation est prévue le 12 décembre à Minsk. Les premières actions du programme CORE devraient débuter au cours du premier trimestre 2003.

Oxymoron, ou oxymore: “Figure qui consiste à allier deux mots de sens contradictoires pour leur donner plus de force expressive. Ex. douce violence” (Dictionnaire Le Petit Robert). Mais, il existe des opérations plus subtiles et moins innocentes. Beaucoup de personnes connaissent l'expression greenwash : c'est ainsi qu'on appelle les judicieuses opérations de marketing qui donnent à un concept éculé, ou qui a mauvaise presse, un nouveau vernis et en font quelque chose qui peut sembler valable et radicalement nouveau, mais qui est fondamentalement inchangé:qualité radiologique. La radioactivité dans les territoires contaminés par la catastrophe nucléaire peut donc être aussi bien de mauvaise que de bonne qualité. Banalisation, évacuation du sens? Peut-il y avoir une autre signification, qui m'échappe, à ce greenwash inventé par MUTADIS-ETHOS-CORE? « La langue joue un rôle capital dans la construction du mensonge politique. C’est elle qui permet au pouvoir de mommer, de définir et de décrire le monde non pas tel qu’il se présente réellement, mais tel que le pouvoir désire qu’il soit perçu par la population. C’est valable dans tous les systèmes, déjà au niveau du vocabulaire : en URSS, on parlait de « camp de rééducation par le travail » pour désigner un univers concentrationnaire de la pire espèce. [ … ] Les linguistes ont parlé d’opacité, de perte du lien entre les mots et les chose, d’une langue créée artificiellement, donc fausse. » (Pr. Jean-Philippe Jaccard, Université de Genève – Le Courrier, 7 juin 2003).

2. Présentation générale du programme CORE (COopération pour la Réhabilitation)

2.1. Les objectifs du programme CORE et son cadre territorial
[ ……………. Programme sur 3-5 ans, fondé sur une coopération d'acteurs nationaux et internationaux …………….. ]

Dans le but de concentrer leurs efforts et de donner une visibilité à cette démarche, les partenaires du programme ont choisi de faire porter le programme CORE sur quatre districts contaminés dans lesquels une quinzaine de village ont été sélectionnés3):

  • Le district de Stolyn dans la région de Brest;
  • Les districts de Tchetchersk et de Braguin, respectivement au nord et au sud ouest de la région de Gomel;
  • Le district de Slavgorod dans la région de Moguilev.

Ces régions ont en commun une importante contamination par le Cs137, pourtant la contamination par le Sr90 et d'autres radionucléides sera probablement différente d'un district à l'autre, ce qui, pour les problèmes de santé serait très important à étudier. Ce radionucléide n'est dans la règle pas évoqué dans la prise en charge de la contamination radiologique. On retrouve l'idée de répéter et étendre sur une plus grande surface, le travail de Stolyn, qui, on s'en souvient, n'avait malheureusement en aucune façon amélioré la situation sanitaire des enfants (Voir Ollagnon à Fernex p. 7-8). L'accent est mis sur une plus grande productivité des régions, avec une réduction de la pauvreté, par la vente de produits agricoles moins contaminés par les radionucléides. L'accent sera mis sur le développement de l'autonomie. “Il faut répondre aux besoins fondamentaux, tout en renforçant leur capacité à agir sur leur propres conditions de vie…” Oublier la réalité sanitaire de Tchernobyl. (Voir p. 32 la note du Pr. Fernex sur l'absence d'un projet scientifique concernant la santé.)

Tous ces territoires n’ont pas les mêmes caractéristiques et n’offrent pas les mêmes capacités d’intégration des différentes dimensions d’une réhabilitation durable. Compte tenu de ces différences, le programme CORE distingue deux niveaux d’intervention:

  • Un niveau d’initiative et de foisonnement, c'est-à-dire une phase germinative pour les districts de Braguin, Tchetchersk, et Slavgorod. Il s’agirait ici d’initiatives du type de celles qui ont été développées durant les cinq dernières années dans le cadre du projet ETHOS4) ou dans le cadre d’autres initiatives nationales ou internationales.
  • Un niveau intégré dans le district de Stolyn. Compte tenu de cette importante expérience capitalisée ces dernières années sur ce territoire dans le cadre du projet ETHOS5), il s’agit de développer des initiatives sur le territoire du district de Stolyn qui s’appuient sur des modes de coordination et de coopération adaptés à la complexité. Les projets développés seront caractérisés par un fort niveau d’intégration entre les dimensions de santé, de développement économique, de protection radiologique. Par ailleurs, les projets devront impliquer une coopération entre les différents niveaux d’action : local, national et international.

De quelle complexité parle-t-on?
Rien n'est plus complexe qu'un organisme vivant. Le programme CORE lui tourne le dos pour s'occuper de promettre le
développement économique durable, contaminé. Le mot santé est prononcé ici en vain: les recherches de l'Institut de Gomel du Professeur Bandajevsky, qui ont montré la corrélation linéaire quantifiable entre le taux de radioactivité par Césium 137 mesurable chez un enfant et les pathologies des systèmes et organes vitaux, sont ignorées. Dans ces conditions la protection radiologique est un vain mot aussi, car quoi et comment protège-t-on, ne sachant pas et ne voulant pas savoir ce qui se passe dans l'organisme contaminé. Le refus de financer la pectine est la démonstration par l'absurde de cette volonté d'ignorer.

A l’Institut de médecine de Gomel un grand nombre d’examens cliniques de première main ont été effectués, des résultats de tests immunologiques, hématologiques et biochimiques ont été analysés par le Pr. Bandazhevsky et ses collaborateurs au sein même de la population d’une zone très contaminée par les retombées de Tchernobyl. C’est l’état sanitaire de milliers d’adultes et d’enfants qui a été l’objet d’une investigation rigoureuse.
A partir de données cliniques, de tests de laboratoire, à partir d’autopsies – adultes et enfants - et d’expérimentations animales, le Pr. Bandazhevsky trouve que l’incorporation chronique de radionucléides à longue durée de vie comme le césium 137 joue un rôle moteur dans les processus pathologiques. Le Cs137 incorporé est pathogène, il conduit à une détérioration des structures des membranes cellulaires et aux dysfonctionnements de leurs processus métaboliques, à des altérations morphologiques et fonctionnelles interdépendantes entraînant des troubles de tous les systèmes et organes vitaux (cœur, foie, reins, glandes endocrines). La gravité des désordres créés augmente avec la concentration en Cs137 dans les organes qui sont atteints simultanément et d’une façon chronique par ce radiotoxique dont la répartition n’est pas homogène entre les différents organes du corps, comme le montrent les mesures faites lors d’autopsies. (Bella Belbéoch – GSIEN, lettre à l'ambassade du Belarus, 20.02.02)

2.2. Options méthodologiques de l’approche CORE

La prise en charge la dimension radiologique de la situation

La qualité radiologique est recherchée dans la démarche CORE comme la résultante d’une dynamique de développement durable (sanitaire, alimentaire, environnementale, agricole…) des territoires contaminés et non pas de façon isolée.

Bref, une économie en bonne santé qualifierait la radioactivité. La formulation de l'oxymoron ou greenwash - qualité radiologique – dans le contexte du désastre sanitaire post-Tchernobyl est un acte d'arrogance et une insulte à la raison (ne parlons pas de l'éthique). Quand on a le pouvoir et l'argent, on peut dire n'importe quoi. Comme Mr. Gentner de UNSCEAR, à la conférence de Kiev (juin 2001) sur les conséquences médicales de la catastrophe de Tchernobyl: “Pour ceux qui croient, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune explication n'est possible”(sic).On les achète ou on les écrase. On pose en axiome une absurdité ou un mensonge et on en tire les conséquences qui conviennent. (L'axiome est une vérité indémontrable mais évidente pour quiconque en comprend le sens – et ici celui qui ne comprend pas est hors jeu). On affirme comme possible l'impossible: la radioactivité post-Tchernobyl peut être de qualité à condition d'amorcer une dynamique de développement durable.C'est la population qui sera responsable en cas d'échec. Bref, la vérité scientifique contenue dans ces deux lignes de CORE serait la suivante : on augmente le PIB et le Césium 137 disparaît de la chaîne alimentaire.
Zoia Trofimchik, la secrétaire de Mr. Tsalko, Président du Comtchernobyl, qui coordonne le Programme CORE du côté biélorusse, vient d'adresser (08.05.03) un “Programme stratégique d'activité” (Annexe n°1 du Mémorandum CORE) aux participants de son pays. C'est un résumé du texte que nous lisons. Il y est écrit entre autre:
“Les résultats des recherches des scientifiques biélorusses et étrangers montrent que si on respecte les règles de vie et d'activité recommandées dans les régions contaminées, les effets de la radioactivité sur les habitants ont des conséquences minimes (c'est moi qui souligne w.t.). […] Outre cela, la garantie de la qualité radiologique (idem) des activités constituera la base pour d'autres orientations du programme : elle permettra de définir de façon plus précise les finalités et les tâches par catégories de population dans les localités concrètes, du point de vie sanitaire et des programmes d'éducation, des projets scientifiques et pratiques et de décider quels genres de productions et de services possèdent les meilleures perspectives.” Le Bélarus est à genoux. Comtchernobyl n'a pas d'argent. On vend à la population contaminée et humiliée ce mensonge de la qualité radiologique, dont elle sera responsable, contre le financement d'une promesse de développement économique.

S’appuyant sur l’expérience du projet ETHOS, le programme CORE favorisera le développement et la transmission intergénérationnelle d’une culture radiologique pratique au cœur de la vie quotidienne des habitants des territoires contaminés. Il comprendra également des projets concernant la mémoire et sa transmission intergénérationnelle et internationale.

Dans cette perspective, la mise en œuvre de cette approche passe par un accès des populations et des spécialistes locaux à des moyens opérationnels et efficaces de mesure et d’évaluation de la situation radiologique.

A quoi sert de connaître la situation radiologique, si elles n'est pas accompagnée par la prévention et par les soins médicaux qualifiés, sinon à recueillir des données statistiques, bonnes à remplir des publications justificatives des dépenses, mais sans aucun bénéfice pour la santé. Les moyens opérationnels et efficaces pour la protection des populations étaient et sont l'Institut indépendant de radioprotection “Belrad” du Pr. Nesterenko et l'Institut de médecine de Gomel, dirigé par le Pr. Bandajevsky, qui en plus de dix ans de travaux sur le terrain ont montré ce qu'il est possible de faire pour la santé. La santé qui, à part le mot, est invisible dans ce programme financé par la Commission Européenne.

L’accompagnement d’initiatives locales émergentes « soutenues et soutenables »
[……………………………………………………………………….]

Une option importante du programme CORE est de favoriser une dynamique de réhabilitation fondée au premier chef sur la capacité d’initiative des habitants des territoires contaminés.

Au premier chef, ce seront donc les habitants qui seront responsables des blessures secrètes, non reconnues, à leur organisme par le césium 137, par le strontium 90 etc…
[……………………………………………………………………….]

L’accent est mis en priorité sur le développement de l’autonomie des acteurs locaux et sur leur épanouissement personnel. Il s’agit ainsi de contribuer à accroître la capacité des hommes, des femmes et des familles des territoires contaminés à répondre à leurs besoins fondamentaux tout en renforçant leur capacité à agir sur leurs propres conditions de vie.

Le programme CORE se propose de susciter l’émergence d’une « masse critique » de projets porteurs de changements au sein des familles et de leur communauté permettant ainsi l’amorce d’une dynamique de développement durable.

…dans un territoire contaminé pour des générations.
[……………………………………………………………………….]

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Le programme CORE doit permettre l’exploration des conditions et des moyens de la réhabilitation durable des territoires contaminés dans la perspective de la nouvelle approche appelée par la communauté internationale en 2001. La structure d’organisation du programme CORE constitue une procédure d’intervention sécurisée, au plus proche des attentes des populations des territoires. Les projets envisagés dans le cadre de CORE visent à la durabilité en s’appuyant sur l’initiative des acteurs locaux. L’enjeu est d’amorcer en 5 ans une dynamique de développement caractérisée par sa viabilité, par la prise en compte de la dimension radiologique et qui soit visible sur tout le territoire de Biélorussie et pour les différentes catégories d’acteurs concernés au plan régional et national. Ainsi, le programme CORE constitue une opportunité pour mettre en place en Biélorussie une expérience pratique et concrète de réhabilitation qui débutera sur quatre districts. Au-delà même du contexte de Tchernobyl et de la Biélorussie, CORE constitue également une exploration de processus originaux de développement durable.

2.3. La structure intégrée de coordination et de co-financement du programme CORE
[……………………………………………………………………….]

2.3.1. La coordination du programme CORE
[……………………………………………………………………….]

2.3.2. La procédure de sélection des projets
[……………………………………………………………………….]

2.3.3. Le co-financement du programme CORE
[……………………………………………………………………….]

3. Présentation des projets thématiques

3.1. Suivi sanitaire et qualité de la santé

3.1.1. Le contexte
Les personnes vivant dans les territoires contaminés sont préoccupées par leur état de santé, particulièrement celui des enfants. Les professionnels de santé locaux reconnaissent l'existence de problèmes. Toutefois, l'information recueillie est fragmentée et incomplète, ce qui conforte la population dans un sentiment d'abandon et la conduit, par fatalisme, à avoir des conduites à risques. Il apparaît donc nécessaire en mettre en œuvre un projet sur les questions sanitaires.

Afin d'investir l'argent des leurs contribuables de la manière la plus efficace dans le domaine de l'information, fragmentée et incomplète, sur la santé, les pays financeurs du projet CORE pourraient demander aux autorités biélorusses de rétablir l'Institut de médecine de Gomel avec à sa tête son recteur, le professeur Youri Bandajevsky, de façon à ne pas dissiper la grande quantité de données et de connaissances accumulées en 9 ans de recherches scientifiques rigoureuses sur les pathologies causées par la catastrophe de Tchernobyl..

3.1.2. Objectifs et méthodologie
Différentes directions d’action sont actuellement considérées dans le domaine du suivi sanitaire et de la qualité de la santé. Elles concernent d’une part le suivi sanitaire des enfants vivant dans les territoires contaminés et, d’autre part, d’éducation à la santé. Sur un plan opérationnel, une première phase opérationnelle a été définie et est présentée ci-dessous.

Cette première phase opérationnelle comporte 2 objectifs complémentaires qui seront mis en œuvre en étroite coordination.

Le suivi sanitaire individuel des enfants Le but de ce projet de suivi sanitaire individuel des enfants est de faire un bilan objectif de leur état de santé pour répondre aux préoccupations de la population. Ce projet prévoit de mettre à la disposition de professionnels de santé locaux les moyens de faire un bilan de santé des enfants et ce, en collaboration avec des experts européens. Ce bilan de santé sera effectué en parallèle dans des districts contaminés (Tchetchersk, puis Braguin) et dans un district non contaminé, avec les mêmes caractéristiques socio-économiques, qui serviront de référence (cette région n'est pas encore sélectionnée).

On repart à zéro.
17 ans après la catastrophe et après avoir stoppé les recherches de l'Institut de Gomel et emprisonné son recteur, on en est à entreprendre un
bilan confié aux professionnels locaux, qui n'osent même pas prononcer le mot radioactivité en relation avec les pathologies qu'ils observent. Galina Bandajevskaya raconte qu'une élève de son mari, devenue médecin-chef gynécologue d’un district contaminé, atterrée par la quantité de malformations, d'avortements, de morts périnatales qu'elle observe chez ses patientes, s'est mise à mesurer la radioactivité des placentas et a reçu cet avertissement d'un supérieur local : “Eh bien, le destin de Bandajevsky ne te suffit donc pas?! Décris les pathologies tant que tu veux, mais abstiens-toi de les mettre en relation avec le Césium137”. Cette jeune femme a un enfant qu'elle doit nourrir. Elle ne peut pas perdre son travail. Elle a renoncé à faire ses analyses. [Ces propos sont du mois de mars 2003] En plus, ces professionnels locaux seront encadrés, supervisés, par des experts européens. Qu'en savent-ils ces experts européens, qui coûtent cher, qui n'ont jamais fait de recherches médicales à Tchernobyl et qui y viendront avec leurs formules mathématiques des modèles Hiroshima, selon lesquelles seule l'exposition externe à de fortes doses de radioactivité peut provoquer des pathologies? La règle à appliquer quand on veut apporter une aide technique à un pays pauvre, et le Belarus est depuis Tchernobyl un des pays les plus pauvres d'Europe, est de renforcer les structures locales et non pas de les supplanter. Le lobby a réussi à liquider l'Institut de Bandajevsky. Celui qu'on tente de neutraliser aujourd'hui, est le Prof. Nesterenko. Il a été chassé par ETHOS de 5 villages, puis, soutenu par l'indignation de l'opinion occidentale, intégré dans CORE, mais on refuse de financer l'essentiel de son travail de radioprotection, la pectine à distribuer aux enfants contaminés. Les “experts” coûtent cher. Qui paye les voyages, symposiums et autres réceptions? Et qui, en fin de compte sera le bénéficiaire? La comparaison entre les sommes attribuées dans le budget CORE aux “indigènes” et aux “experts” n'a pas besoin de commentaires.

L’éducation à la santé des femmes enceintes
Ce projet vise la réduction du risque radiologique lié à l'ingestion d'aliments par l'apprentissage du contrôle du risque chez les femmes enceintes suivies à l'hôpital de Stolyn. Les femmes enceintes représentent une population “captive” en raison du programme d'éducation existant au Bélarus qui contient en moyenne 7 modules. La grossesse chez toute femme est un moment privilégié de questionnement et de réceptivité; parallèlement toutes les inquiétudes sont réactivées. Dans les régions contaminées la question de la nourriture comme mode de contamination se repose et les futures mères s'interrogent sur leur responsabilité dans la contamination éventuelle de leur bébé au travers de leur alimentation et de celle de leur bébé. Le projet d’éducation vise à permettre aux femmes enceintes du district de Stolyn de:

  • Contrôler le niveau de contamination de la nourriture qu’elles ingèrent;
  • En améliorer la qualité;
  • Évaluer l’impact de ce contrôle sur leur propre niveau de contamination.

Afin de permettre aux femmes enceintes de se réapproprier leur environnement, ce projet s’appuiera sur la démarche élaborée et mise en œuvre dans le cadre du programme ETHOS6).
Ce processus de réappropriation s’appuiera principalement sur l’intégration d’un module de culture radiologique pratique et de dosimétrie opérationnelle aux modules existant déjà pour les femmes enceintes.

Les femmes enceintes. Tchernobyl a tronqué le lien biologique naturel entre la vie et l'environnement qu'il a empoisonné. Maintenant on somme la vie de se réapproprier cet environnement sous la direction des experts bien nourris à Paris. On enseigne aux jeunes femmes l'autonomie dans un goulag contaminé. A leur handicap on ajoute la culpabilité d'être fatalement des mauvaises mères, car elles seront inévitablement de mauvaises élèves de leurs mauvais maîtres. La mère empoisonnée sera une source de poison pour la nouvelle vie, qui prendra, confiante, sa source en elle. La symbiose heureuse muée en monstruosité. De quelle réappropriation parlent-ils ces faussaires aveugles? Les jeunes mères doivent être évacuées des territoires contaminés pendant toute la période de grossesse et d'allaitement. La charge en radionucléides du placenta doit être mesurée systématiquement. La corrélation entre de cette charge avec les malformations congénitales et la mortalité périnatale doit être étudiée scientifiquement. (Voir la note du Pr. Fernex p. 32)

3.1.4. Les projets
     - Le suivi sanitaire individuel des enfants
Il est prévu de créer une unité mobile dotée de moyens diagnostic (appareil à ultrasons, électrocardiographe, …), avec une équipe composée de médecins et d'infirmières. Cette unité ira de village en village pour examiner les enfants de 0 à 15 ans. Certains examens (gastroscopie et électromyographie) ne seront pas effectués en routine, mais seulement lorsqu'ils apparaîtront nécessaires pour confirmer un diagnostic.

Une base de données avec les noms des enfants sera établie pour chaque village par le directeur de l'école ou le professionnel de santé local. La formation des membres des unités médicales mobiles sera complétée.
Les informations seront analysées par les médecins des équipes mobiles, mais également par des experts, biélorusses et européens, spécialistes de différentes disciplines médicales (l’implication de ces experts reste à organiser). Un carnet de santé sera constitué pour chaque enfant.
Les parents seront informés du résultat des différents examens pratiqués sur leurs enfants. Les conclusions générales seront diffusées à la population (les modalités restent à préciser).

Une étude rétrospective des données dosimétriques est prévue. Pour chaque enfant, les données sanitaires et dosimétriques seront mises en relation afin de déterminer si la contamination chronique par le césium pourrait avoir joué un rôle dans les pathologies observées.

Cette mise en relation est un progrès. Mais elle sera effectuée par qui? Suivant quelles méthodes? Les travaux du professeur Bandajevsky seront-ils pris en compte? Dans toute étude, il est indispensable de savoir qui l'a inspirée, il faut connaître le curriculum vitæ des auteurs et co-auteurs des projets. Quant a la dosimétrie </color>rétrospective, c'est une farce qu'il faut remplacer par des mesures actuelles et directes. Les enfants sont malades aujourd'hui. Le césium est présent aujourd'hui dans les organes. L'étude rétrospective n'est possible que là où Nesterenko a passé et mesuré 2 à 3 fois par an la charge en césium dans les écoles.

Les échanges d'informations entre les participants biélorusses et européens se feront régulièrement par réseau informatique, mais également lors de séminaires réunions de travail organisées alternativement en Biélorussie et à Paris.
Par ailleurs, afin d'améliorer la prise en charge des patients, il est prévu de remettre à niveau des dispensaires des villages concernés dans les districts contaminés.
L’éducation à la santé des femmes enceintes
Ce projet sera dans un premier temps (en 2003) situé à l'hôpital de Stolyn. La formation des femmes enceintes s’appuiera avant tout sur dialogue direct avec celles-ci aussi bien pendant le module qu'après, au travers des consultations post-natales. Cette formation pendant et après le module s’appuiera sur deux supports:

  • Une vidéo élaborée avec le Dr Raissa MISSIOURA, pédiatre de l’hôpital de Stolyn;
  • Une brochure de culture radiologique (respectant le principe de précaution) élaborée avec les femme enceintes.

Par ailleurs, le projet d’éducation à une culture radiologique pratique et à la dosimétrie opérationnelle sera complété par:

  • Des mesures de la radioactivité aux domiciles des femmes enceintes;
  • Des mesures anthropogammamétriques des femmes enceintes.

3.1.5. Partenaires envisagés

  • Le Ministère de la Santé biélorusse
  • Districts de Stolyn, de Tchetchersk, de Braguin, Slavgorod
  • L’hôpital de Stolyn
  • L’Institut de Radiologie de Gomel (filiale de Brest)
  • Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
  • Médecins du Monde
  • Autres partenariats envisagés: consultations en cours

Peut-on espérer de voir Belrad et Galina Bandajevskaya parmi les partenaires envisagés? Galina BANDAJEVSKAYA, pédiatre et cardiologue travaille à “Belrad” comme secrétaire scientifique et responsable du département médical de l'Institut.

3.2. Agriculture, développement rural et gestion du vivant
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3.2.1. Thèmes d’intervention investigués
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3.2.2. Développement économique et sociale des zones rurales
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3.2.3. Présentation des projets
          - Development of family income in depressed rural Belarussian communities affected by the Chernobyl accident.

3.2.3. Projet Développement du revenu familial dans des régions rurales en récession économique suite à Tchernobyl (en anglais)

La radioactivité circule principalement à partir de la chaîne alimentaire, c'est à dire par la production agricole, un autre cheminement des radionucléides vers les familles passant par l'exploitation des forêts (bois, feu, fruits et gibier).

Le projet prévoit un enseignement des techniques agricoles qui permettent d'obtenir des pommes de terre, des légumes, des produits laitiers moins chargés en radionucléides artificiels. Cette production a un prix élevé.

Qui seront les bénéficiaires de l'aide ?

L'enseignement touche aussi l'organisation sociale du monde agricole et la recherche de marchés durables pour les produits. A cet effet, on prévoit la création d'une agence du développement agricole à Stolyn. Il s'agit de coordonner l'aide aux agriculteurs y compris au niveau des fermes familiales. Les propriétés à Stolyn ont moins d'un ha par exploitant, ce qui complique le travail d'enseignement, d'autant plus que ces régions rurales connaissent un taux de chômage élevé. Il s'agit de trouver des solutions pour commercialiser en particulier le lait produit dans les familles, pour leur assurer un revenu. Les oies élevées par les familles peuvent aussi être source de revenus…
Ces projets sont difficiles à gérer. Ils impliquent une nouvelle bureaucratie.

As a consequence of the Chernobyl catastrophe rural population of severely contaminated areas lost their traditional sources of additional income. Their cattle was taken away and some food were forbidden to be grown. They were promised instead social support through the system of Chernobyl benefits and allowances which worked efficiently until the collapse of the former Soviet Union.

Belarus, as a newly independent state, since the dawn of ’90 hasn’t been able to address all mitigation needs and under budgetary constraints has been cutting down relevant expenses every year. Hence, by the middle of ’90 most of rural families saw public social support reducing. Therefore, people became gradually engaged into a vicious circuit: lack of developmental opportunities led to low income which was the cause of impoverishment of the diet. Poor diet led to health problems which, at their turn, hindered development of new skills and exploration of developmental opportunities.
The agriculture is at the core of economic activities of almost all areas contaminated in Belarus. Therefore life and health quality of rural communities largely depend on agricultural production and radiological quality of produced foodstuff.

Agricultural production on radioactive contaminated areas is a one of the initial and main ways of radioactivity migration through the chain “soils - plant - animal - food - man”. Therefore the implementation of the radiological risk management measures is a very important part of radiation protection of the population.

The target group of the project are low income rural families showing evidence of dynamism and willingness to embark into the process of their own economic emancipation. It is expected that large number of rural families will be involved in all four districts, although the largest group will be in Stolin as they already acquired basic productive skills under ETHOS project.

This project aims to foster the development of sustainable sources of income for families living in Belarusian rural areas depressed as a consequence of Chernobyl catastrophe. The target groups are rural population of Stolyn, Bragin, Chetchersk and Slavgorod districts. The project will involve two main initiatives building production capacity of families and assistance in implementing partnerships.

This project provides a set of harmonised activities in order to achieve project objectives. They will be conducted by Belarussian experts in rural development, household economy, agriculture and husbandry who will be assisted by international consultants who previously have acquired large expertise notably in implementing the ETHOS project. According to project objectives, these activities are split in two stages:

  • Stage One: building practical skills in food producing through seminars, training, workshops and study visits. It will also imply the distribution of better quality seeds (potatoes, vegetables, spice, apple dwarf seedlings etc, as well as dairy cattle sperm for artificial insemination). The implementation of actions under this stage may require assistance during one to two years depending on type of business.
  • Stage Two: helping in establishing partnerships to achieve better add value out of acquired technical skills. It will demand assistance in developing a model, identifying the most suitable legal form, in incorporating, organisation building, business planning and forecasting, building managerial and marketing skills. Stage two may take two to four years until partnerships achieve sustainability.

Basically in implementing Stage One activities the project will use methods which were tested by European consultants during ETHOS project in Stolyn. Stage Two activities will be based on the Gomel Development Agency’s experience in promoting self-employment in depressed contaminated areas.

These methods are: training practical skills on the spot and addressing real needs of beneficiaries, large involvement of beneficiary rural population into the process of identification of needs and problems and solution finding, harmonised interdisciplinary approach to solution development (implication of radiologists, agronomists, experts in cattle breeding, economists, business development consultants), marketing orientation of implemented partnerships, sustainability and self sufficiency at core of economic operations of partnerships.

Establishment of a Rural Development Agency in Stolyn

The ETHOS project has significantly increased in the Stolyn district people’s capacity to manage radiological risks and developed their skills in terms of growing safe food in quantities which allow satisfaction of their own needs and marketing part of the crop. It has given a powerful developmental tool to people and created communities needing assistance to become sustainable. Therefore, the ETHOS experience provides a good basis for building emerged entrepreneurial initiatives and turning them into family micro-businesses and SMEs.

The Stolyn district is the most populated area of Belarus with lowest proportion of arable land by inhabitant which is less than 1ha. This will become the major obstacle to economic development of agricultural enterprises when the agrarian reforms will start. More than 60% of current workers will presumably loose their jobs. High unemployment will generate social tensions in rural areas and disparities in developmental capacity of families.

This project provides the establishment of a rural development agency in Stolyn district aiming at promoting entrepreneurial activities in one of remotest rural area of Belarus. The Agency will also play the role of platform of dialogue and common thinking of local authorities and local communities.

The establishment of rural development agency will combine two types of activities: organisation building and staff capacity building.

  • Organisation building: this will include: the identification of the most suitable legal form for the agency, the building partnership of future founding members, the selection of the staff, the renovation of premises, the fitting out the agency with necessary equipment, elaborating Agency’s business plan and corporate documents such as financial policy statement, charging policy statement, internal rules and procedures in terms of strategic management and decision making.
  • Capacity building involving: the staff initial training in management and marketing, the visits of the staff and founding members of similar organisations abroad, on-spot staff training in developing a number of services, on-spot staff training in developing a number of projects.

The projects to be developed by the Agency are the following: the strategy of social and economic development of the Stolyn district, a programme of attracting local population’s investment capacity into development, the building marketing capacity of Stolyn milk processing and can factories.

The Agency is expected to be a partnership between local authorities and business community. Initially it can be created by International donors or their representatives in partnership with the local authorities. Later emerged business community can replace the international partners later on. International and Belarusian consultants will join their efforts in setting up the Agency and conducting it to sustainability within three years. The staff of the Agency will participate at the establishment of partnerships provided by “CORE Family income increase“ project in Stolyn.
[……………………………………………………………………….]
3.3. Projet Qualité Radiologique
[……………………………………………………………………….]
3.3.1 The problematic
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3.3.2 Le but du projet

Il comporte 4 points appelés “projets pilotes de
qualité radiologique (PPQR)“
           1erPPQR: suivre la contamination radioactive des enfants
           2e PPQR: suivre la contamination des aliments
           3e PPQR:récupérer à Olmany les cendres et les stocker à Kochara
           4e PPQR: exploiter le bois contaminé des forêts de la ville de Komarin, pour produire de l'énergie par combustion, sans libération dans l'environnement de “polluants”.

The proposed project is aiming at establishing, in different settlements of the four selected districts (Chechersk, Braguin, Stolyn and Slavgorod), four pilot Projects on Radiological Quality (PRQ), tackling the following aspects:

  • The development of an operational system of information on radiological quality, including the radiological monitoring of the body contamination of children (PRQ 1) and the contamination of food products (PRQ 2),
  • The development of a system for the management of contaminated domestic ashes in the village of Olmany and final disposal at the Kochara storage centre in the Stolyn District (PRQ 3),
  • The radiological qualification of a system of bio-energy production in the city of Komarin (PRQ 4). This system would exploit local contaminated wood and will be qualified to treat the contamination resulting from wood combustion in order to avoid its release into the environment.

3.3.3. Methodology

3.3.3. Méthode

Les premier et second PPQR reposent sur radiamétrie des enfants et des aliments. Avec installation d'équipements fixes et mobiles. C'est essentiellement restaurer ce qui avait été mis en place par BELRAD, avec des centres où le personnel avait été bien formé, bien équipé, mais qui, progressivement ont été fermés, faute de soutien financier par le gouvernement.

Le 3e PPQR consiste en l'étude du site de Kochara (topographie, hydrographie, hydrogéologie et géologie) avec probablement l'installation de nouveaux piézomètres.
On se préoccupera du stockage en tenant compte des mesures de sécurité. Il est aussi question de la collecte et du transport des cendres.

Le 4e PPQR est le plus original, avec la production de bio-énergie pour la ville de Komarin, district de Bragin.

Il s'agit de démontrer la faisabilité d'un tel projet : Sécurité, prix bas, création d'emplois. On valorise la biomasse de cette région. On utilisera aussi des restes de bois dans l'industrie.

Rien n'est dit sur la protection des travailleurs, des bûcherons, des ouvriers des scieries, des chauffagistes, des ramoneurs etc. Il n'est pas précisé quel type d'exploitation forestière sera développée, qui devrait être “renouvelable” pour toutes les qualités de bois. Les filtres à Cs137 et Sr90 ainsi qu'à transuraniens ne sont pas discutés. N'y a-t-il pas de risque de déplacer la radioactivité stockée dans la forêt, vers un milieu urbain, avec les poussières et les fumées qui toucheront une population urbaine jusqu'ici relativement protégée?

[……………………………………………………………………….]
3.3.4. Presentation of projects
     PRQ1 – Restoration of fixed and mobile body counters in the 4 districts
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     PRQ2 – Installation of LCRCs in the villages of the Slavgorod, Chechersk, Braguin and Stolyn district
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     PRQ3 – Development of a system for the collect of contaminated ashes in the village of Olmany and final disposal at the Kochara storage centre in the Stolyn District
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     PRQ4 – Radiological qualification of a system of bio-energy production in the city of Komarin of the Bragin’s district
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3.4. Projet culture radiologique, mémoire intergénérationnelle et internationale et éducation

C'est la partie culturelle.
Il est question de créer un musée de Tchernobyl “mémoire intergénérationnelle et internationale et éducation”. C'est là que les investissements occidentaux de dépistage idéologique semblent les plus importants, le nombre de pages consacrées à cette partie culturelle la plus grande.

Il reste le vide habituel face au problème de santé: un néant stupéfiant !

Cette partie du projet a un caractère délirant, car on fait abstraction de la réalité de Tchernobyl, et de la seule chose qui justifie tous ces efforts : les conséquences de l'irradiation, essentiellement interne des enfants, des femmes enceintes, des hommes qui vont procréer sur la santé et le génome.

La mémoire du génome n'a pas besoin de musée: les mutations et la fragilisation du génome sont héréditaires et se retrouvent et s'accentuent au cours des générations… pendant 22 générations comme cela a été montré chez des animaux très représentatifs pour l'homme, mais dont le cycle de reproduction est plus rapide que chez les humains. Donc on collecte et crée des maladies génétiques des malformations congénitales d'origine génétique. 22 générations cela représente trois siècles… et les maladies génétiques nouvelles de Tchernobyl se multiplieront encore dans trois siècles.

3.4.1. Contexte
La situation actuelle de la vie dans les territoires contaminés conduit à un sentiment d’impuissance de la part de la population et la protection radiologique n’est plus une priorité. Les difficultés économiques rencontrées dans les territoires contaminés de la République de Biélorussie conditionnent la dépendance des habitants de ces territoires à une agriculture familiale dans les enclos privés, à la cueillette des produits de la forêt, à la pêche et la chasse pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Or, tous ces différents produits sont susceptibles de présenter des niveaux de contamination parfois très élevés selon les situations locales. Dans la vie quotidienne, les connaissances sur la radioactivité et les recommandations sur l'alimentation ou l'environnement ne sont pas diffusées et le cas échéant pas appliquées.

Est-ce à dire que CORE reconnaît que la contamination à faibles doses d'exposition est essentiellement interne, via la chaîne alimentaire, et qu'elle est parfois très élevée? Dans ce cas, pourquoi non seulement rien n'est entrepris pour la recherche et la radioprotection à ce niveau interne, mais au contraire on y fait obstacle? L'erreur de ETHOS-CORE, si erreur il y a, est-elle involontaire? (Voir note de Michel Fernex à la page 32.)

La population éprouve beaucoup de difficultés à appréhender la complexité de la situation. De plus, les jeunes générations ont toujours vécu dans un environnement contaminé tout en n’ayant pas la mémoire des événements qui ont eu lieu avant et après l'accident, notamment comment cet accident a modifié la vie dans les territoires contaminés. Dans ce contexte, il est important que l'accident de Tchernobyl et ses conséquences ainsi que l’expérience qui en découle pour les individus et la collectivité concernés puissent être appréhendés dans leur dimension identitaire et culturelle et faire l’objet d’une transmission intergénérationnelle.

[……… énumération des différents musées locaux, projet pour une culture radiologique et de mémoire ………]

3.4.2. Les objectifs du projet

Au sein du programme CORE, le projet “éducation-mémoire” vise à favoriser le développement et la transmission patrimoniale et intergénérationnelle d'une culture radiologique pratique et de la mémoire de l'accident de Tchernobyl et de ses conséquences pour l'Homme. Cette démarche repose sur l'accompagnement des initiatives individuelles et communautaires en lien avec les acteurs nationaux et internationaux. Cet objectif nécessite d'intervenir sur les trois axes suivants:

  • Favoriser la construction d'une mémoire collective de l’accident et de ses conséquences.
  • Relier la réalité radiologique avec l’histoire et la vie quotidienne des communautés locales.
  • Transmettre et partager l’histoire et les savoir-faire dans le cadre d’une solidarité intergénérationnelle et internationale Les résultats du projet ETHOS montrent que la transmission des savoir-faire et de la mémoire de l'accident de Tchernobyl et de ses conséquences pour l'Homme fait partie des conditions nécessaires à la réhabilitation durable des conditions de vie. Cette transmission est indispensable pour permettre aux habitants des territoires contaminés de penser cet événement et ses conséquences. Elle est également nécessaire pour permettre le développement d’une culture radiologique pratique nécessaire à la vie dans ce territoire. Cette question de transmission intergénérationnelle se pose aussi au plan national et international dans la construction du sens qui est (sera) donné à cet accident et à ses conséquences pour l’homme.

En vérité, pour permettre aux habitants des territoires contaminés seulement de penser, il faut arrêter la destruction de leur système nerveux central – de l'organe du cerveau – par le césium137, qu'ils ingèrent quotidiennement. Un très grand nombre d'enfants du Belarus présentent divers troubles mentaux.

3.4.4. Présentation des projets

Deux types de projets sont d'ores et déjà envisagés, qui seront mis en œuvre dans des villages où d'autres dimensions du programme CORE sont présentes : un projet d'éducation pratique à destination des enfants et un projet pilote sur la mémoire dans un district.

      Projet d'éducation pratique à destination des enfants:
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      Projet pilote sur la mémoire dans un district:
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      Animation et intégration
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      a. Création d'un comité de liaison du projet Éducation – Mémoire
[……………………………………………………………………….]

b. Émergence d'une structure associative

Pour mettre en œuvre les projets locaux, une équipe d'accompagnateurs composés d'experts (biélorusses et européens) devra prendre en charge ces différentes étapes. Il est envisagé de recruter par un appel d’offre 2 permanents biélorusses pour 3 ans (dans une première phase) pour animer les projets locaux et assurer la coordination intra et inter-district. (Profil envisagé : un responsable-animateur et un technicien-animateur). [……………………………………………………………………….]
Pour permettre de gérer ces projets, une structure associative devra être créée. Cette structure sera gérée par un Conseil d'Administration comprenant : les représentants des affaires sociales des 4 districts impliqués dans le programme CORE, l'association Patrimoine Sans Frontière, des experts du programme CORE, des professionnels locaux (à faire émerger au cours du temps).

Les 2 animateurs seront salariés de cette association qui gèrera les budgets, déterminera les orientations générales du programme sur l'éducation et la mémoire, animera les démarches de co-évaluation des actions menées, organisera des forums et manifestations favorisant le partage des expériences sur l'éducation et la mémoire entre les districts, au niveau national et international. Elle constituera un pôle d'informations et de formation sur la culture radiologique pratique et la mémoire de l'accident et de ses conséquences pour la vie des habitants des territoires contaminés.

3.4.5. Calendrier sur trois ans

Décembre 2002 Création du comité de liaison national
Janvier 2003 Appel d'offre pour le poste des accompagnateurs-animateurs et techniciens
Février-Mars 2003 Recrutement des 2 animateurs à Minsk et sensibilisation des professionnels locaux volontaires pour participer au projet éducation-mémoire dans les villages
Identification du district pour le projet pilote sur la mémoire et création du groupe de travail correspondant
Mars-Avril 2003 Formation des animateurs en Europe
Mai-Juin 2003 Tournée dans les différents villages des districts volontaires avec les animateurs
1er semestre 2003 Mise en place de la structure associative
Identification de projets spécifiques complémentaires à développer
Sept-Oct. 2003 Séminaire de formation dans les différents districts pour les professionnels locaux
Décembre 2003 Présentation des projets d'éducation-mémoire par les personnels locaux (éducation, culture, histoire, mémoire)
1er semestre 2004 Réalisation des projets dans les différents villages
Mai-Juin 2004 Synthèse des projets réalisés
2ème semestre 2004 Approfondissement sur certains aspects identifiés et diffusion de la démarche (autres villages ou autres enfants des villages impliqués)
1er semestre 2005 Poursuite des projets et réflexion sur les enseignements (partage national, international, structuration des démarches, formations,…)
2ème semestre 2005 Validation des démarches menées et réflexion sur leur poursuite (rôle de l'association, formation, partage inter-district et international,…)

3.4.6. Description des partenaires envisagés pour la mise en œuvre du projet

EXPERTS TECHNIQUES
Biélorusses Français
Ministère de l’Éducation
Ministère de la Culture
Université de Biélorussie
Institut de Pédagogie de Minsk
Districts de Braguin, Slavogorod, Tchetchersk, Stolyn
Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
LASAR-Université de Caen
entre d’Études et d’évaluations en matière de Protection Nucléaire (CEPN)
Mutadis Consultants
Partenaires associatifs contactés (type de participation à confirmer):
Patrimoine Sans Frontière (PSF)
Association Nationale Scientifique et Technique pour la Jeunesse (ANSTJ)
Graine-Environnement
Autres partenaires (en cours)

Il faudrait connaître les travaux et publications de ces associations et le CV de leurs représentants.


ANNEXES

Annexe 1 - Présentation du projet ETHOS (p. 7 de 4. Budget et récapitulatif...)

L’approche ETHOS

La méthodologie développée prend en compte d'une façon globale l'ensemble des dimensions affectées par la situation post- accidentelle (sanitaires, économiques, sociales, culturelles). C'est une initiative originale qui se démarque des approches antérieures. Il s'agit d'une approche décentralisée, basée sur une forte implication de la population locale dans le processus de réhabilitation. La démarche vise à créer des conditions favorables pour que les habitants des territoires contaminés puissent assurer eux-mêmes la reconstruction de leur qualité de vie et, dans ce cadre, la prise en charge de la gestion du risque radiologique généré par l'ensemble de leurs activités sur le territoire contaminé. La reconstruction concerne tous les aspects de leur vie quotidienne qui ont été affectés par la contamination : santé (notamment celle des enfants), environnement, sécurité domestique, niveau de vie, activités professionnelles, activités sociales et culturelles, identité individuelle et collective.

Sous les apparences de l’aide, c’est une approche objectivement impitoyable pour les victimes, dans le cadre d’un Projet qui fait abstraction de leurs problèmes de santé et les charge par dessus le marché de la responsabilité d’en gérer les risques. On peut laisser au texte en rouge le soin de se commenter tout seul, sinon pour dire qu'il est à la fois objectivement vrai et perfide. Désormais, ce sont les habitants eux- mêmes, l’ensemble de leurs activités, qui seront la cause de leur mal. Quant à la contamination du territoire, elle est considérée une donnée de nature par les promoteurs de CORE. Instruits par les experts, les habitants devront apprendre à s’en accomoder. Ce sont eux qui seront responsables et ils seront les seuls fautifs, si cela ne va pas. Rappelons Bandajevsky : “Chacun pour soi!”, l'État ne portant plus aucune responsabilité pour la santé des populations. Ceci est en opposition flagrante avec la Constitution de la République du Belarus et avec la Loi sur la Santé Publique…” Avec CORE c'est donc aussi la politique et l'éthique de l'Union Européenne et de nous tous, qui avons financé et finançons ce mensonge et cette arrogance criminelle, notre suffisance, la volonté d'ignorance des agences responsables du nucléaire des Nations Unies, avec l'argent des citoyens européens.

ETHOS a été mis en œuvre par une équipe interdisciplinaire associant des compétences en matière de radioprotection, économie, sociologie et gestion sociale du risque, agronomie et développement durable, communication et sécurité. Quatre instituts de recherche ont été associés à ce projet : le Centre d'études sur l'Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire – CEPN (radioprotection, économie), l'Institut National d'Agronomie de Paris-Grignon – INAPG (agronomie, gestion patrimoniale), l'Université de Technologie de Compiègne (communication, sécurité) et le groupe d'études Mutadis (gestion sociale du risque) qui a assuré la coordination scientifique du projet.

Le projet ETHOS

Le programme européen ETHOS avait pour but d'améliorer durablement les conditions de vie des habitants des villages et de leurs enfants dont la vie quotidienne a été fortement affectée par la présence à long terme de contamination radioactive à la suite de l’accident de Tchernobyl. Cette démarche pluridisciplinaire et novatrice était basée sur une implication forte de la population dans l’évaluation et la gestion du risque en concertation avec les autorités locales et nationales et les experts.

           • Dans une première phase (1996-1998), financée par la Commission Européenne, la démarche ETHOS a été mise en œuvre dans le village d’Olmany (District de Stolyn), situé au sud-est de la Biélorussie, à 200 km environ de Tchernobyl.
Des améliorations très significatives des conditions de vie, notamment sur le plan de la protection radiologique et de la qualité radiologique des productions agricoles privées, ont été obtenues grâce à une forte implication de la population du village.

Mensonge et désinformation. Dans une lettre du 31 janvier 2001 à ARTE, que j'ai envoyée par la suite à ETHOS, qui ne m’a pas répondu, je contestais : Le projet ETHOS [ …] affirme qu'en 3 ans de présence intermittente sur le terrain, son équipe a obtenu le résultat significatif de faire boire du lait “propre” aux enfants d'Olmany. Alors que les mesures effectuées en ce mois de janvier 2001 par “Belrad” a révélé que 22 échantillons de lait sur 31 dépassaient de 2 jusqu'à 26 fois le niveau de radioactivité admissible (de 100 Bq/l, que les médecins considèrent déjà excessifs pour un enfant, en particulier lorsqu'il persiste des semaines, des années). Et le 9 février 2001, j'écrivais directement à Jacques Lochard : Ce que vous en dites et écrivez ne correspond pas à la réalité, que j'ai pu observer et dont j'ai la documentation. Donner le feu vert à la vente du lait d'Olmany aide certainement l'économie locale et assure mieux le pouvoir des dirigeants du lieu, ils vous en seront reconnaissants, mais cela signifie continuer à diffuser l'épidémie dans le pays. Car ce n'est pas l'équipe d'ETHOS, présente de temps en temps sur le terrain pendant 10 jours, qui pourra garantir que seul le lait “propre” sera exporté.

Le projet a créé les conditions d’une prise en charge de la protection radiologique des enfants par les mères de famille et a permis le développement d’une culture radiologique pratique en lien avec les activités de la vie quotidienne au village. La diffusion de cette culture a été parallèlement réalisée par l’école du village dans le cadre de modules pédagogiques pratiques.

Cette première phase ayant démontré la faisabilité à l’échelle d’un village d’une implication active de la population dans le processus de réhabilitation des conditions de vie et de la santé des enfants, les autorités biélorusses (locales et nationales) ont souhaité que soient étudiées les conditions d’une diffusion de cette démarche basée sur un transfert d’expérience et de méthodologie vers l’administration locale biélorusse opérant dans les territoires contaminés.

           • Au cours de l’année 1999, un nouveau projet a été préparé en collaboration avec les autorités biélorusses pour étendre la démarche ETHOS à l’échelle du district de Stolyn.

           • La deuxième phase du projet (2000-2001), co-financée par la Commission Européenne, le Ministère Suisse des Affaires Étrangères, l’Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire, l'association Sol et Civilisation, ainsi qu' Électricité de France et COGEMA, se déroule dans <colro red>5 villages du District de Stolyn</color> (90 000 habitants) en coopération avec des instituts scientifiques biélorusses: le Centre Régional de Pinsk pour la Recherche sur la Réhabilitation Radiologique, l'Institut de Recherche Biélorusse en Science des Sols et en Agrochimie et l'Université de Brest. La démarche est mise en œuvre par 80 professionnels locaux (infirmières, médecins, radiamétristes, enseignants, cadres de fermes collectives) qui se sont portés volontaires pour participer au projet avec le soutien de l’équipe ETHOS et des autorités locales. L'objectif est d'étudier les conditions d'une prise en charge de la réhabilitation des conditions de vie dans les territoires contaminés du District de Stolyn et du développement d'une culture du risque radiologique par les populations, les professionnels et les autorités locales en co-opération avec les instituts et les autorités nationales.

C'est de ces villages que Nesterenko a été chassé par ETHOS Le projet ETHOS s'est achevé7) par l’organisation d’un séminaire international les 15 et 16 Novembre 2001 à Stolyn en présence des autorités nationales biélorusses et de nombreuses organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales, en particulier la Banque Mondiale, le Programme des Nations Unies pour le Développement, la Commission Européenne (DG Recherche, DG Environnement, DG RELEX - Aidco) et l'Ambassadeur de France en Biélorussie. Les principales catégories d’acteurs concernées au plan local, régional, national et international étaient représentées dans ce séminaire ainsi que des composantes pluridisciplinaires d’expertise (protection radiologique, radio écologie, santé, sécurité, agriculture, économie, finance, sociologie, éthique, etc.).

Les progrès enregistrés localement en matière de qualité radiologique restent confrontés à des préoccupations fortes et persistantes concernant la santé des enfants, au sein de la population comme dans les milieux médicaux locaux et régionaux. Il apparaît que la question des effets à long terme de la contamination chronique (particulièrement sur les enfants) ne fait pas l’objet d’une concertation suffisante entre les niveaux d’expertise médicale locaux, nationaux et internationaux. Ceci porte préjudice à la crédibilité du dispositif de protection dans son ensemble.

ANNEXE 3 – Définition d'un programme pour le développement de la culture radiologique pratique auprès des enfants sur la base du retour d'expérience du projet ETHOS

L'éducation sur la culture radiologique pratique insiste sur la connaissance de la situation radiologique du village et des principaux lieux de vie, la mesure de la contamination des produits alimentaires produits dans l’enclos familial, l’interprétation du carnet de santé de l’élève, les comportements de précaution adaptés et l'histoire de la vie des habitants des territoires contaminés. La démarche repose sur l’élaboration par les enfants eux-mêmes de principes qui permettent de vivre en sécurité au village. L'enfant produit ainsi des connaissances utiles pour son village et s’approprie des comportements adaptés auxquels il a réfléchi et dont il comprend les raisons. Ainsi, enfants et professeurs ou accompagnateurs deviennent les vecteurs d’une culture radiologique pratique, auprès de la population, en reliant leurs connaissances sur la radioactivité à la vie quotidienne locale. Le retour d'expérience du projet ETHOS montre que la démarche ne relève pas d’un travail de «spécialistes », mais que tous les professeurs et accompagnateurs peuvent le faire à condition d’accepter de se former soi- même avant de former les enfants.

Pour faciliter cette démarche, un guide est proposé en quatre étapes:

I - Comment choisir son projet :
La première étape consiste à découvrir les préoccupations des enfants par rapport à la contamination à travers des dessins, des compositions, des lettres à des amis, des enquêtes auprès des élèves et de la population.

L’objectif est de découvrir quelles réalités du village rejoignent l’intérêt des enfants:

  • qualité de l’environnement
  • contamination des produits alimentaires
  • protection de la santé.

II- Comment préparer son projet :
Le projet choisi, il convient de se former, de connaître les concepts radiologiques et normes en vigueur, s’initier aux maniements des appareils de mesure et aux protocoles expérimentaux. Il est important que le professeur ou l'accompagnateur réalise lui-même le travail avant de le proposer aux enfants et apprenne à présenter et à interpréter les résultats obtenus. On réfléchira alors aux conclusions pratiques que les enfants pourront tirer de leur excursion. Enfin, on réfléchira à la représentation et à l’interprétation des résultats obtenus, la façon d’en discuter avec les enfants et d’en tirer les conclusions pratiques.

III- Comment réaliser son projet :
La préparation terminée, il convient de penser à associer les parents et les professionnels du village (médecins, infirmières, kolkhoziens, producteurs privés), à la réalisation de l’excursion. Ensuite, il s’agit de présenter l’activité et son objectif aux enfants, ainsi que les appareils qui seront utilisés, la façon dont seront prélevés les échantillons. On apprendra aux enfants à construire les questions qu’ils vont poser aux différents professionnels qu’ils vont rencontrer et à rechercher l’information utile.
Enfin, on mettra en œuvre l’excursion où les élèves feront eux-mêmes le travail de mesure.

IV- Comment tirer parti de son projet :
Les enfants représentent eux-mêmes les résultats sous forme de graphiques, histogrammes, de bases de données informatiques, de plans où seront reportées les mesures radiologiques, de synthèse des enquêtes et des travaux. Il est souhaitable d’organiser un débat sur les résultats et leur interprétation. Le rôle du professeur ou de l'accompagnateur est de dégager les éléments de culture radiologique pratique ainsi découverts et d’insister sur la nécessité de coopérer avec les professionnels locaux pour résoudre les différents problèmes et tirer les conclusions.

Les enfants formuleront ensuite eux-mêmes les recommandations pratiques, par oral et par écrit, pour vivre en sécurité au village. Les résultats obtenus pourront être diffusés par journal mural, par exposition, sous forme de spectacle, de journées à thème, ou au cours de réunions avec les parents.

NOTE du Pr. Michel Fernex

Oublier Tchernobyl: ignorer l'atteinte de la santé des enfants et du génome

Même s'il y a des gens dans les institutions gérées par l'industrie atomique, qui souhaiteraient faire de la recherche, il faut se rendre compte que la vérité sur Tchernobyl nuit aux intérêts du CEPN. L'intérêt des membres du CEPN, EDF, AREVA, Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA), est de ne rien trouver, ou presque. Donc commettre discrètement des erreurs épistémologiques, pour que les différences ne soient pas statistiquement significatives. Ne pas rechercher ni surtout trouver des corrélations simples et statistiquement significatives entre charge en radiocésium des enfants (ou en strontium des dents de lait des enfants, des os lors d'opérations) et une pathologie donnée.

Toute recherche doit avoir un but exprimé. On entreprend cette recherche 17 années après la catastrophe pour qui? Protéger les enfants malades? Protéger l'industrie atomique commerciale (donc pour négliger les victimes de cette industrie)?

Si ce sont les représentants des promoteurs de cette industrie qui s'intéressent aux victimes, on aura les mêmes résultats que le projet IPHECA de l'OMS, dont les plans avaient été établis par l'AIEA. (comme dans les études sur la pathologie due au tabac, financées par l'industrie de la cigarette). L'AIEA donne une priorité à l'étude des caries dentaires mais néglige la génétique.

Si le but est de savoir si les rayonnements ionisants dus aux radionucléides artificiels de Tchernobyl jouent un rôle dans la détérioration de la santé des populations, il faut formuler une série d'hypothèses et le but. Pour chacune, il faut un protocole d'étude à double insu, avec questionnaires précis disponibles et définitifs avant le début de l'étude. Il faut des statisticiens qui précisent combien de sujets il faut intégrer dans les études. Les radiamétristes doivent collecter des mesures par anthropogammamétrie, dans les populations rurales autochtones et garder les données dans l'ordinateur (secret).

Les cliniciens doivent étudier la pathologie qui correspond à leur spécialité:

  • Ophtalmologie: cataractes, nombre d'opacités dans le cristallin d'enfants, rétinites.
  • Cardiologie: Dans l'anamnèse : performances sportives, etc. Douleurs, fatigue.
    Tension artérielle. Enfants hypertendus, hypotendus ou normaux. Complications.
    ECG. troubles du rythme, QT allongé, troubles de la repolarisation etc.
    Anomalies cliniques. Malformations cardiaques.
  • Endocrinologie et gynécologie: troubles hormonaux à la puberté chez les filles.
    Collecter les placenta pour l'examen pathologique et indépendamment pour noter la charge en 137Cs.
    Fertilité ces 5 dernières années dans familles autochtones.
    Taux de malformations congénitales.
    Pathologie périnatale.
    Taux d'autoanticorps contre antigènes thyroïdiens ou des îlots de Langerhans
    Goitre, insuffisance thyroïdienne, thyroïdite de Hashimoto, diabète type I
  • Infectiologie: Nombre d'enfants ayant eu des traitements antibiotiques, Indications, hospitalisa.tions.
    Maladies récidivantes : bronchite chronique, inf. urinaire récidivantes.
  • Chirurgie: réparation des fractures, qualité et rapidité. guérison des plaies.
  • Psychologie: Réussite scolaire pour l'âge de l'enfant. QI. Absentéisme scolaire etc.
  • Allergologie: Asthme bronchique, âge, gravité / Dermatites allergiques et autres.
  • Gastroentérologie: Gastrites, duodénites, allergies alimentaires.
  • Oncologie: Tumeurs du cerveau, autres néoplasies, anémies, lymphopénie, leucémies.

Toujours en fonction de la charge en Cs137 mesuré indépendamment (et connu après l'examen).

Seul le statisticien recevra les deux enregistrements des données, quand tout sera dans l'ordinateur, et entreprendra les calculs en fonction des formules mentionnées dans le plan, retenues avant l'étude. Je ne vois aucune ébauche de projet scientifique concernant la santé, ni à l'IRSN, ni à l'OMS dans le projet IPHECA conçu par l'AIEA, ni dans le projet ETHOS ou celui de CORE. Il y a une volonté d'ignorer, d'occulter le principal problème : les gens voient et savent que les enfants sont malades dans l'environnement rural de Tchernobyl et savent que les produits agricoles et forestiers provenant de ces régions sont dangereux. Ils est difficile de les commercialiser.

Pr M. Fernex
18 juin 2003

4. Budget récapitulatif sur trois ans du programme CORE

4.1 Budget récapitulatif sur trois ans du programme CORE en Euros

2003 2004 2005 Biélorussie(a) International(b) Total
Projet Santé 238 700 195 100 153 820 437 620 150 000 587 620
Projet Agriculture 517 336 472 016 500 736 1 269 588 220 500 1 490 088
Projet Qualité Radiologique 525 302 208 542 208 542 744 386 198 000 942 386
Projet Education - Mémoire 190 472 157 972 153 472 243 916 258 000 501 916
Projet Coordination et Intégration 184 146 169 646 184 646 285 688 252 750 538 438
Total 1 655 956 1 203 276 1 201 216 2 981 198 1 079 250 4 060 448
% 41 30 30 73 27 100
(a)Frais engagés en Biélorussie
(b)Rémunération de l'expertise internationale

4.2. Budgets récapitulatifs sur trois ans des différents projets du programme CORE
4.2.1. Projet Qualité de la santé et suivi sanitaire (budget en Euros)

2003 2004 2005 Total
Projet Femmes Enceintes (district de Stolyn) 17000 13000 6520 36520
Formation 7200 7200 720 15120
Personnel: experts locaux 2400 2400 2400 7200
Personnel: assistants locaux 2400 2400 2400 7200
Equipement 1000 1000 1000 3000
Brochures 2000 2000
Support vidéo 2000 2000
Suivi sanitaire 161300 66100 31300 258700
Formation 12500 2500 15000
Personnel (salaries + travel expenses) 22800 45600 22800 91200
Equipement 121000 8000 1000 130000
Fonctionnement 5000 10000 7500 22500
Soutien méthodologique 60400 116000 116000 292400
Experts biélorusses 10000 20000 20000 50000
Experts internationaux 30000 60000 60000 150000
Frais de mission experts biélorusses 3600 7200 7200 18000
Frais de mission experts internationaux 16800 28800 28800 74400
Total 238700 195100 153820 587620

4.2.2. Projet Développement Economique et Social des zones rurales (budget en Euros)

2003 2004 2005 TOTAL (en €)
Animation 104 400 44 400 44 400 193 200
Animation du district de Stolyn 52 200 22 200 22 200 96 600
Animation des districts de Braguin,
Tchetchersk et Slavgorod
52 200 22 200 22 200 96 600
Fonctionnement de l'agence
et des groupes d'initiatives
59 600 54 600 59 600 173 800
Agence de développement de Stolyn 39 600 29 600 29 600 98 800
Groupes d'initiatives (4 districts) 20 000 25 000 30 000 75 000
Outils financiers 155 000 176 000 195 000 526 000
Subventions de micro-projets 95 000 66 000 55 000 216 000
Dotations à un dispositif de micro- crédit 60 000 110 000 140 000 310 000
Soutien méthodologique et technique 113 636 113 636 113 636 340 908
Experts biélorusses 15 500 15 500 15 500 46 500
Experts internationaux 73 500 73 500 73 500 220 500
Frais de mission experts biélorusses 7 500 7 500 7 500 22 500
Frais de mission experts internationaux 17 136 17 136 17 136 51 408
Complément de formation et d'expertise 42 000 42 000 42 000 126 000
Direction et Gestion du programme 42 700 41 380 46 100 130 180
TOTAL 517 336 472 016 500 736 1 490 088

4.2.3. Projet Qualité Radiologique (budget en Euros)

2003 2004 2005 Total
PQR 1 - WBC 178400 22900 22900 224200
Equipment 159600 159600
Training 1600 1600
Maintenance + consumables 1600 7300 7300 16200
Salaries 15600 15600 15600 46800
PQR 2 - LCRC 96680 56920 56920 210520
Equipment 56800 56800
Training 10400 10400
Maintenance + consumables 2600 30040 30040 62680
Salaries 26880 26880 26880 80640
PQR 3 - WASTES 63150 11650 11650 86450
Site characterisation 30000 30000
Specific equipement for site 4000 4000
Restoration of site 2000 2000
Site operation 10000 10000 10000 30000
Radiological measurements 1000 500 500 2000
Collect and transport (operating) 16150 1150 1150 18450
PQR 4 - KOMARIN
Feasibility study 70000 70000
Methodological support for PRQ 1, 2 & 3 117072 117072 117072 351216
Belarussian experts 12800 12800 12800 38400
International experts 66000 66000 66000 198000
Missions costs (Belarussian experts) 4000 4000 4000 12000
Missions costs (international experts) 34272 34272 34272 102816
Total 525302 208542 208542 942386

4.2.4. Projet Culture Radiologique, Mémoire Intergénérationnelle et Internationale (budget en Euros)

2003 2004 2005 Total
Fonctionnement de l'Association 33200 14700 14700 0
1 responsable-animateur 4800 4800 4800 14400
1 technicien-animateur 2400 2400 2400 7200
Achat et équipement
du minibus et entretien
20000 2000 2000 24000
Frais de matériel divers 1000 500 500 2000
Frais de missions du personnel 5000 5000 5000 15000
Equipement pour la mise
en œuvre des projets locaux
20500 10000 5500 36000
Equipement vidéo 4500 5000 3000 12500
Equipement informatique 8000 0 0 8000
Documentation et édition 2500 2500 2500 7500
Equipement radiamétrie 5500 2500 0 8000
Mission 0
Personnel 0
Formation des intervenants biélorusses 4500 1000 1000 6500
Formation responsable-animateur
de l'association
4000 500 500 5000
Formation animateurs locaux 500 500 500 1500
Soutien méthodologique 132272 132272 132272 396816
Experts biélorusses 8000 8000 8000 24000
Experts internationaux 86000 86000 86000 258000
Frais de mission experts biélorusses 4000 4000 4000 12000
Frais de mission experts internationaux 34272 34272 34272 102816
Total 190472 157972 153472 501916

4.2.5. Coordination, Intégration et Gouvernance (budget en Euros)

2003 2004 2005 Total
Frais de séminaires 17000 2500 17500 37000
Séminaires méthodologiques 2000 0 0 2000
Séminaires nationaux 15000 0 15000 30000
Séminaires de districts 0 2500 2500 5000
Instances Locales de Suivi
de la Réhabilitation
0 0
Frais d'équipement 6400 6400 6400 19200
Postes informatiques 5333 5333 5333 16000
Fournitures, consommables 1067 1067 1067 3200
Information et communication 11000 11000 11000 33000
Communication locale 2667 2667 2667 8001
Communication nationale:
brochures, site Internet
3333 3333 3333 9999
Communication internationale 5000 5000 5000 15000
Soutien méthodologique 149746 149746 149746 449238
Experts biélorusses 26400 26400 26400 79200
Experts internationaux 84250 84250 84250 252750
Frais de mission experts biélorusses 11250 11250 11250 33750
Frais de mission experts internationaux 27846 27846 27846 83538
TOTAL 184146 169646 184146 538438
1) Le rapport de février 2002 du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur les conséquences humaines de l’accident, la mission Tchernobyl des Ambassadeurs de l’Union Européenne du mois d’avril 2001, le rapport de la Banque Mondiale et le séminaire international de clôture du programme européen ETHOS organisée à Stolyn (région de Brest, Biélorussie) en novembre 2001.
2) Parmi lesquels l’association « A Tous Vents du Monde », le Centre d’études sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN), FERT, GRAINE, l’Institut National Agronomique de Paris-Grignon (INAP-G), l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), l’Institution Patrimoniale du Haut Béarn (IPHB), Médecins du Monde, le Ministère de l’Agriculture, Mutadis, Patrimoine Sans Frontière, l’Université de Caen.
3) Voir annexe 1 : Carte des quatre districts et les villages sélectionnés.
4) Comme des projets de mesure et de dosimétrie opérationnelle, des micro-projets de développement de l’agriculture privée, de développement d’une culture radiologique pratique, de pédagogie pratique de la vie dans les territoires contaminés, de suivi radiologique des enfants par les mères de famille…
5) Voir annexe n°1 : Présentation du projet ETHOS
6) Voir annexe n°2 : Présentation du projet ETHOS
7) Références:
HERIARD DUBREUIL G. et al.”Chernobyl Post-Accident Management: The ETHOS Project”. Health Physics, Vol. 77, N° 4, 1999, pp. 361-372.
LOCHARD J. “Stakeholder Involvement in the Rehabilitation of Living Conditions in the Territories affected by the Chernobyl Accident: the ETHOS project in Belarus”. In : “Restoration of Environments with Radioactive Residues”, Proceedings of an IAEA International Symposium, Arlington, VA, USA, 29 November-3 December 1999, IAEA- SM-359/5.2, pp. 495-506, 1999.
HERIARD DUBREUIL G., SCHNEIDER T. “Rehabilitation of the Living Conditions in the Contaminated Territories after Chernobyl: the ETHOS Project”. In: “The 2nd VALDOR Symposium Adressing Transparency in Risk Assessment and Decision Making”, Stockholm, Sweden, 10-14 June 2001, pp. 122-131.
LEPICARD S., HERIARD DUBREUIL G. “Practical Improvement of the Radiological Quality of Milk Produced by Peasant Farmers in the Territories of Belarus Contaminated by the Chernobyl Accident”. Journal of Environmental Radioactivity, Vol. 56, N° 1-2, 2001, pp. 241-253.
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