COMMUNIQUÉ DE
PRESSE DU 24 AVRIL 2026
L’Écho de Tchernobyl
par Enfants de Tchernobyl Belarus <https://enfants-tchernobyl-belarus.org>

L’accident
survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986 est, à juste titre, considéré comme l’une des plus
grandes catastrophes d’origine humaine. Deux explosions et l’incendie qui s’en
est suivi ont entraîné le rejet d’au moins 200 types différents de radionucléides
dans l’atmosphère. La pollution a été d’envergure planétaire. Le césium-137 à
lui seul a contaminé plus de vingt pays européens.
Pour
commémorer la 40e année de la catastrophe, Enfants de Tchernobyl
Belarus (ETB) a publié trois numéros du journal « L’Écho de Tchernobyl ». L’enjeu est de ne pas oublier Tchernobyl, et ce journal
vise à réunir à la fois une rétrospective historique, un point sur les
conséquences sanitaires et conjoncturelles de l’accident, un avertissement sur
les risques qu’une telle catastrophe puisse se produire à nouveau… et quelques
conseils si cela arrivait.

photo Martin
Leers, Journées d’études ADN à Toulouse, juin 2011
Rétrospective
historique
Revenir sur ce
qui s’est passé le 26 avril 1986 en Ukraine est un exercice toujours à renouveler,
particulièrement à l’approche de l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl
– et qui plus est quand les décimales arondissent le compte.
Témoin
privilégié, Vasily Nesterenko,
membre important de l’establishment nucléaro-militaire
de l’Union Soviétique, a pris aussitôt conscience, quelques jours après
l’accident, de l’ampleur du drame qui se jouait, et a alors mis toute son
énergie pour essayer d’en prévenir les effets. Il créera en 1990
l’Institut indépendant de radioprotection Belrad. Son témoignage sur les premiers
jours de la catastrophe est des plus précieux.
Le journaliste Marc Molitor,
auteur d’un des tous premiers ouvrages de référence, Tchernobyl. Déni passé, menace future, décrit les suites immédiates de la catastrophe : la
gestion des retombées du nuage radioactif sur les territoires proches, comment
a été gérée la crise radiologique en Europe et particulièrement en France, et
comment l’URSS a fait face au désastre dans un contexte de dissimulation et de fin
de régime [textes parus dans L’Écho n° 1].
Yves Lenoir,
président d’ETB, prolonge cette analyse historique en s’appuyant notamment sur
les archives du KGB et du Politburo ;
il dévoile les décisions politiques, les logiques de pouvoir, les mécanismes de
dissimulation, pour nous guider Dans les Coulisses de Tchernobyl – titre de son dernier livre qui vient de paraître aux Éd.
La Dissidence [de « bonnes feuilles » sont à lire dans L’Écho n° 3].

photo Oleg Veklenko
Bilan de la
situation sanitaire, 40 ans après Tchernobyl
L’Institut BELRAD
de Minsk, 40 ans après Tchernobyl, dresse un point de la
situation radiologique et sanitaire dans les territoires Belarusses les plus
touchés par la catastrophe nucléaire. Cette étude du Laboratoire de
surveillance des rayonnements de Minsk témoigne que le problème de la
contamination radioactive demeure d’une actualité brûlante, même plusieurs
décennies après le terrible accident d’origine humaine, et démontre l’urgence
de poursuivre la surveillance constante de la radioactivité des produits
alimentaires, de mettre en œuvre toutes les mesures disponibles pour se
protéger des effets des radionucléides pénétrant dans l’organisme et de mener
des actions de sensibilisation dans les zones contaminées.
Le césium-137
reste, avec le strontium-90 et l’américium-241, l’un des radionucléides les
plus dangereux pour l’homme. Environ 35 % du césium-137 rejeté par l’explosion
du réacteur de Tchernobyl s’est déposé au Belarus. Désormais dans le sol, il
continue d’être absorbé par les plantes et les champignons et de pénétrer le
corps humain à travers l’alimentation, gibier, lait, plantes et baies sauvages
[dossier paru dans L’Écho n° 2].
Yves Lenoir
dresse le bilan sanitaire sous l’angle politique : les retombées radioactives
ont été précipitées pour éviter qu’elles ne touchent les grandes villes et les
industries stratégiques [L’Écho n° 1]. Il décrit le travail toujours nécessaire
de l’Institut Belrad en retraçant son histoire et le
service unique qu’il continue à apporter aux habitants des terres contaminées
[L’Écho n° 1 et 3]. Marc Molitor, 10 ans après la catastrophe, expliquait déjà,
dans un texte toujours d’actualité, les tenants et aboutissants de la
controverse sur le bilan humain de l’accident de Tchernobyl et les raisons de son
impossible évaluation – qui peut néanmoins s’approcher d’une certaine
vérité, bien éloignée de celle officielle [L’Écho n° 3].
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Les instances internationales et la stratégie du déni
Les institutions internationales en charge de la
radioprotection qui gravitent autour de l’ONU (OMS, UNSCEAR, AIEA, CIPR...)
n’ont de cesse de présenter l’accident comme un événement certes fâcheux mais
clos, jusqu’à en avoir, déjà en 2005, tiré le bilan « définitif ». 50 morts et
4.000 à venir est en effet la borne conclue par l’UNSCEAR – et endossée
par l’OMS, puis validé par la quasi totalité des États mondiaux, posée comme un
trait final pour faire taire les arguments et les plaintes de ceux qui
douteraient de l’avenir radieux promis sur les cendres d’Hiroshima et Nagasaki
par l’« Atoms for peace »
d’Eisenhower.
Yves Lenoir
décrypte comment se sont imposées ces institutions pour promouvoir l’âge
atomique : la chronologie, le parcours des hommes qui ont les ont dirigées, et
les débats sur la radioprotection, depuis la découverte fortuite des rayons X
en 1895 [L’Écho n° 2].
Kolin Kobayashi, pour le 15e anniversaire de la catastrophe de Fukushima, documente comment le lobby
international a imposé son expertise pour gérer la crise au Japon dès le
lendemain du 11 mars 2011, avec la mise en place d’un système organisé de
contrôle de la population et de la communication. Le programme Ethos, déployé à
Tchernobyl puis à Fukushima, vise à rendre les populations responsables de leur
contamination [L’Écho n° 2].
Christine Fassert et Tatiana Kasperski analysent pour leur part les différents mécanismes de production d’ignorance
dans la gestion des catastrophes nucléaires, mis en place grâce au monopole des
experts internationaux – qui peuvent définir sans contradiction quels
sont les risques « acceptables » [L’Écho n° 3].
Centrale nucléaire de Tchernobyl,
1986
L’accident qui vient
Bernard Laponche explique que l’évaluation de la sûreté des
centrales nucléaires est fondée sur une approche probabiliste : le risque
d’accident majeur étant considéré comme la combinaison d’un événement d’une
gravité extrême et d’une très faible probabilité d’occurrence. Des catastrophes
telles que Tchernobyl ou Fukushima ont ainsi été longtemps réputées d’une
probabilité tellement faible qu’elles étaient de fait considérées comme
impossibles. Elles n’en ont pas moins eu lieu, portant à quatre (1 à
Tchernobyl, 3 à Fukushima) le nombre de réacteurs victimes d’un accident majeur
depuis le début du nucléaire civil, soit près de 300 fois plus que ce qui était
« attendu » sur la base des calculs théoriques de probabilité. Cet écart
considérable montre que l’approche probabiliste, déconnectée du réel, est
incapable de prendre en compte tous les facteurs de risque.
L’accident majeur
est possible, particulièrement en France ou une politique aventureuse de course
en avant néglige les signaux faibles et les avertissements, fussent-ils émis
par les garants même de la sûreté nucléaire. Ainsi le président de l’Autorité
de sûreté nucléaire avait-il lui-même déclaré lors de son audition
parlementaire du 30 mars 2011 : « La
position constante de l’ASN a toujours été la suivante : personne ne peut
garantir qu’il n’y aura jamais en France un accident nucléaire. Je dis ce que
je dis, et je répète une position constante de l’ASN française. » Quelques
accidents auxquels nous avons échappé – grâce à la chance –
viennent compléter ce tableau de Damoclès [L’Écho n° 3].
La politique nucléaire française
Avant même que le
moindre projet concret de centrale électronucléaire n’ait été programmé,
rassurer la population sur l’innocuité de « l’Atome pacifique » était la
préoccupation première de ses promoteurs et propagandistes. Depuis, des
accidents gravissimes qui n’auraient jamais dû se produire ont pourtant eu
lieu. Ils entrent dans la catégorie des événements qui changent le cours de
l’histoire, ceux que l’on retient comme étant caractérisés par un avant et un
après. Mais les promoteurs et zélateurs de l’énergie atomique refusent la
leçon.
Yves Lenoir, pose
donc la question : « la décision de
reprendre la construction de centrales nucléaires, alors même que les plans des
futures installations ne sont pas établis et certifiés, ne devrait-elle pas
être reconsidérée et reportée après un examen approfondi, public et
contradictoire, de tous ses tenants et potentiels aboutissants ? »
Cette question,
en guise de conclusion et comme perspective, nous conduit à republier « l’Appel
contre un nouveau programme nucléaire », lancé en juin 2023 à l’initiative du
GSIEN et de Global Chance et soutenu par plus de 1 000 scientifiques
– et qui venait lui-même rappeler « l’Appel de 400 scientifiques » de
février 1975, invitant la population française à refuser l’installation des
centrales nucléaires « tant qu’elle
n’aura pas une claire conscience des risques et des conséquences »,
et rappelant le caractère potentiellement effroyable d’un accident nucléaire.
La pertinence de ces appels, qui pourraient être repris quasiment mot pour mot
aujourd’hui, est aujourd’hui largement confirmée [L’Écho n° 3].
Les différents numéros du journal sont à télécharger
ici :
<https://enfants-tchernobyl-belarus.org/etb/LECHO>
Un financement
participatif a été mis en
place pour commander les journaux
et aider à leur publication : <https://www.payasso.fr/etb/lecho-de-tchernobyl>
L'Écho de Tchernobyl a bénéficié pour être publié d'une aide du réseau Sortir du nucléaire
Colloque «
Tchernobyl année 40 »
Enfants de
Tchernobyl Belarus organise un Colloque « Tchernobyl Année 40 », samedi 25
avril 2026 à Paris de 13 h 30 à 18 h – à la Bourse du
travail, 3 rue du Château d’Eau, Paris 10° – avec au programme :
projection du court-métrage « Belrad 2015 » / deux tables
rondes et débats avec la salle / intermède musical.
Les contributions
et interventions tenues lors de ce colloque et ses suites feront l’objet d’un quatrième numéro de L’Écho de Tchernobyl.
Panel 1 : Situation sociale et sanitaire des territoires contaminés,
retour d’expérience sur la gestion des crises radiologiques, avec la participation de Marion Jeambrun (Criirad), Jean-Marie Brom (GSIEN), Pierre Barbey (ACRO), Yves Lenoir (Enfants
de Tchernobyl Belarus), Sylvie Diallo (Coordination Idf)
– modération Nicolas Eprendre. Suivi d’un débat avec la salle.
Panel 2 : Stratégies énergétiques nationales et prise en compte
des probabilités d’un accident majeur, rôle des organismes internationaux, avec la participation de Bernard Laponche (Global Chance), Pauline Boyer (Greenpeace), Thierry Salomon (négaWatt), Kolin Kobayashi (Enfants de Tchernobyl Belarus) –
modération Laure Noualhat. Suivi d’un débat avec la
salle.
Les informations sur le colloque sont ici :
<https://enfants-tchernobyl-belarus.org/etb/LECHO/colloque.html>

Enfants de
Tchernobyl Belarus
<https://enfants-tchernobyl-belarus.org>
contacts presse
:
Yves Lenoir : yves.lenoir@enfants-tchernobyl-belarus.org / 09 53 37 55 71
Michel Lablanquie : michel.lablanquie@enfants-tchernobyl-belarus.org / 06 46 41 08 11
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Un autre communiqué de presse sur les actualités d'ETB est disponible ici.