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transcription du témoignage d'Arnie Gundersen


Alors que de nombreux animaux d'élevage radioactifs ont été trouvés à de grandes distances de Fukushima, la question se pose de savoir d'où vient leur nourriture. “Il ne s'agit pas uniquement du bétail dans la préfecture de Fukushima; C'est également à propos du fourrage radioactif que mange le bétail et qui a été cultivé ailleurs”. Le fourrage récolté à 70km de Fukushima est hautement contaminé par du césium radioactif, ce qui indique que de vaste régions du nord du Japon ont été contaminées. Plus d'un demi-million de désintégrations par seconde dans un kilogramme de fourrage est comparable au niveau de pollution de Tchernobyl. Ceci prouve que la Commission de Régulation Nucléaire Américaine avait raison quand elle a dit aux américains d'évacuer au-delà de 80 km et que les japonais auraient dû faire la même chose. Un ex-secrétaire à la Commission de Sûreté Nucléaire Japonaise attribue cette contamination à le “Pluie Noire”. Plutôt que de minimiser l'information fournie au peuple japonais, Gundersen suggère de minimiser leur exposition aux radiations.

Bonjour, je suis Arnie Gundersen de Fairewinds, et on est mardi 19 juillet. Aujourd'hui, j'ai l'intention de parler de l'état des réacteurs de Fukushima; Et plus important, de la contamination détectée à travers le Japon, pas seulement sur le site. A finalement, je voudrais parler d'un phénomène que les japonais comence à nommer “Pluie Noire”.

Tout d'abord l'état du site lui-même. Les trois réacteurs fonctionnels de Fukushima, I, II et III, et la piscine de combustible de l'unité 4, continuent à émettre des radiations. Actuellement, ce n'est pas visible de jour, parce qu'il fait chaud, mais on peut le voir la nuit. J'ai reçu énormément d'e-mails à ce sujet, parce que la population pense que le site explose. En fait, c'est de la vapeur qui sort des réacteurs et rencontre de l'air frais venant du pacifique. Ils continuent donc à émettre des radiations. Mais la plus grande part des radiations de Fukushima a été émise en mars et avril. Il y a actuellement beaucoup moins de radiations qu'en mars et avril. Environ 90 à 95% ont été émis dans les 6 semaines après l'accident. Et bien que la pollution continue la quantité journalière est bien inférieure. Mais par ailleurs, Fukshima pourrait continuer à émettre pendant longtemps.

Les japonais construisent de grandes tentes à installer au-dessus de chaque réacteur. La première tente est actuellement en cours de fabrication, et couvrira le réacteur 1, puis ils couvriront successivement les réacteurs 2, 3 et 4. Ces tentes sont destinées à contenir la vapeur, et de recueillir l'eau pour la traiter. Donc, à partir de septembre, la plus grosse partie de la pollution aérienne sera éliminée à Fukushima, du moins au réacteur 1. De plus en plus cependant, nous aurons à gérer l'eau et les liquides contaminés présents sur le site.

Il n'y a rien dans un futur prévisible pour les éliminer. En fait, les japonais annoncent qu'io faudra 10 ans avant qu'ils ne commencent, commencent à démonter ces cœurs du fond de l'enceinte de confinement. Il n'existe aucune technologie pour faire ce travail. rappelez-vous qu'ils ont fondu à travers le réacteur et qu'ils gisent sur le fond de l'enceinte.

A Three Mile Island, ils ont fondu au fond du réacteur, mais pas à travers le réacteur. Donc ceci est nouveau. C'est un peu comme essayer de décoller un œuf d'une poële à frire. S'il a cuit trop longtemps, c'est un processus très très copmpliqué et difficile. Et c'est ce qui nous attend à Fukushima, avec ce nettoyage à long terme. Donc, en attendant, il y aura une énorme quantité de déchets liquides radioactifs que nous devrous traiter pendant 10, voire 20ans.

Bon, dans mon esprit, le plus important est l'information émanant du site récemment. Quelques amis sont des biologistes qui ont travaillé à Tcheernobyl et qui sont allész au Japon pour y effectuer quelques travaux scientifiques. Il s'y sont rendus an prévoyant que les choses iraient mal. J'ai reçu un appel d'eux cette semaine, et ils m'ont dit que les conditions étaient vraiment très très mauvaises. Ce sont pourtant des scientifiques endurcis, habitués à travailler avec les radiations et ils pensent que les conditions à Fukushima sont vraiment pires que celles qu'ils attendaient.

Il y a des preuves qui corroborent ces assertions. Tout d'abord, des champignons, éloignés entre 50 et 60 km du réacteur, sont contaminés bien au-delà des limites autorisées par les japonais. Le plus étonnant est que ces champignons sont cultivés à l'intéeirus. Comment un champignon cultivé à l'abri peut-il dépasser les limites que les japonais ont défini? C'est un problème majeur, etencore une fois, à plus de 50 km de l'accident.

La deuxième preuve, c'est que du bétail a été contaminé à travers la préfecture de Fukushima, et au-delà. Cela a commencé la semaine dernière avec 8 vaches, puis c'est passé à 40, et maintenant, ce sont 130 vaches qui sont contaminées, et je suis certain que leur nombre va continuer à augmenter. Il y a quelque chose de remarquable ici. Les vaches étaient à plus de 50 km du réacteur, et leur taux de césium dépassait de beaucoup tout ce qui a pu être approuvé comme étant acceptable pour la consommation humaine.

Quand les vaches sont mises sur le marché, les japonais ne contrôlent pas la viande. Ils se contentent de frotter la fourrure pour voir s'il y a contamination. Et sur cette base, i l'envoient sur le marché. C'est seulement après ça qu'on a découvert que la viande était contaminée. Ce n'est certes pas une manière acceptable de contrôler la viande de bœuf. Mais le point le plus important est de comprendre comment cette contamination a pu se produire, quand tout le monde croyait qu'on avait utilisé de l'ensilage pour nourrir les vaches, c'est à dire du fourrage produit avant l'accident?

Il apparaît que les japonais utilisent la paille de riz pour nourrir leurs vaches. Et les fermiers à 70 km et au-delà, récoltaient la paille de riz et l'envoyaient dans les fermes dans la préfecture de Fukushima. La paille était contaminée à hauteur de 500000 désintégrations par seconde et par kilogramme de paille. Il s'agit de Césium, qui a une demi-vie de 30 ans. Mais dans 30 ans; il se désintègrera à raison de 250000 désintégrations par seconde. Et 30 ans plus tard, 125000 désintégrations par seconde. C'est ce que signifie le terme “demi-vie”.

Ceci s'est produit à 70 km. Rappelez-vous que la Commission de Régulation Nucléaire avait siggéré une évacuation au-delà de 80 km. Il semble que la commission avait raison. Les japonais auraient dû évacuer leur popumation au-delà de 80 km, et au lieu de ça, ont limité l'évacuation à 20 - 30 km.

Cette contamination s'est étendue au-delà de la préfeture de Fukushima. Et pourtant, ette préfecture semblent être la seule zone où les japonais s'inquiètent à propos de cette exposition à la radioactivité.

La dernière chose dont je voudrais vous entretenir aujourd'hui, est ce qui se passe au-delà des 80 km dont nous venons de parler. Il est déjà clair, si l'on se base sur la contamination de la paille que nous avons découvert que la radiation, même à 80 km en-dehors de cette zône est par endroits aussi élévée qu'elle l'était autour de Tchernobyl.

Bon. Quoi d'autre? Regardons du côté de Tokyo, et je suis inquiet là aussi. Tout d'abord, les usines de traitement des eaux usées dans Tokyio ont contaminé leurs réservoirs de résidus. Normalement, ces résidus sont utilisés dans la fabrication de matériaux de construction. Maisils sont tellement radioactifs qu'ils doivent être stockés dehors, sous des bâches, jusqu'à ce qu'on trouve une solution pour s'en débarrasser.

Autre chose: Un japonais m'a fait parvenir un rapport de laboratoire. Cette personne a pris à sa charge la rémunération du laboratoire pour qu'une analyse soit effectuée dans une rue près d'un jardin d'enfants à Tokyo.

Voici le rapport du laboratoire. Il montre qu'il y a 53000 désintégrations par seconde de matériau, sur le bord de la rue à proximité d'un jardin d'enfants à Tokyo.

Cette personne était tellement inquiète qu'elle est allée (avec un groupe, NDT) voir le maire de la ville, et le maire a répondu: Je ne suis pas inquiet à ce sujet. Voilà un citoyen qui a investi son argent pour un travail de laboratoire et n'a rien pu obtenir de ses responsables locaux.

Bon, encore autre chose. Et cela vient de l'hôpital où se trouve le Centre National pour le Cancer, également près de Tokyo. C'est apparu sur leur site web, quelques jours après l'accident. Le rapport montre que le 24 mars, soit 9 jours après l'accident, la radioactivité ambiante à l'extérieur de l'hôpital, était 30 fois plus importante qu'à l'intérieur. Il y avait donc un dépôt de particules sur le sol. Et c'était suffisamment important pour que les détecteurs enregistrent une augmentation d'un facteur 30. Et Un hôpital National pour le Cancer sait comment mesurer des radiations, ce sont des scientifiques expérimentés.

La dernière chose que je veux partager avec vous est la suivante: Chaque jour, je reçois un e-mail d'un éminent physicien japonais, le docteur Glen Saji. Il était secrétaire de la Commission de Régulation Nucléaire au Japon. Il a écrit ce qui suit il y a deux jours. Et cela a directement à voir avec la paille découverte à Fukushima.

“Je crois que c'est dû au fait que la paille était stockée dans un champ au moment où le nuage est passé pendant la première semaine après l'accident, en particulier à cause de la Pluie Noire.”

Je ne crois pas qu'il utilise le terme “pluie Noire” à la légère. Mais ça a été sans aucun doute possible vécu au Japon après l'accident. Ce qu'il mentionne ici est le nuage radioactif chargé de particules chaudes qui se sont déposées partout dans le nord du Japon.

Bon, les japonais sont un peuple plein de ressources, comme le prouve leur victoire en coupe du monde dimanche dernier. Mais il doivent connaître l'étendue du problème qu'ils affrontent de manière à pouvoir le gérer correctement. Plutôt que de limiter l'information, il est important qu'ils limitent leur irradiation.

Merci beaucoup; Je reviendrai vers vous.