Paris, le 5 juin 2001
Madame Annie SUGIER Directrice Déléguée IPSN
BP6 92265 Fontenay-aux-roses

Madame,

La deuxième phase du Projet ETHOS doit s'achever en novembre prochain par la tenue d'un séminaire international en Biélorussie (15 et 16 novembre 2001) qui doit être l'occasion de présenter les résultats du projet mais aussi d'esquisser le type d'actions à mettre en œuvre au plan national Biélorusse et international dans une perspective de réhabilitation durable des conditions de vie dans les territoires contaminés.

Les résultats du projet montrent que l'implication de la population dans l'évaluation et la gestion des expositions radiologiques, qui est développée dans le cadre de l'approche ETHOS, constitue un élément indispensable d'une démarche de réhabilitation des conditions de vie dans ces territoires. Cette approche n'est cependant qu'un volet d'une stratégie plus globale de réhabilitation qui implique, d'une part, le développement durable de ces territoires et, d'autre part, une prise en compte sur le long terme de la dimension spécifique de la santé dans ces territoires qui fait l'objet de préoccupations fortes et persistantes au sein de la population comme dans les milieux médicaux locaux (villages et district).

En effet, le déploiement régulier de ressources et d'efforts en faveur de la qualité radiologique ne trouve un sens que dans la mesure où les progrès enregistrés satisfont à des standards radiologiques de protection sanitaire dont la validité est reconnue par l'ensemble des acteurs concernés. Le sens des efforts et des progrès réalisés tant par les pouvoirs publics que par les collectivités locales et régionales et par les individus en matière de qualité radiologique reste conditionné par la confiance dont sont investis les normes et les standards de protection radiologique.

A ce jour, cette question de l'évaluation de la santé de la population dans les territoires contaminés comme celle des effets à long terme des expositions radiologiques résultant de la contamination ne fait pas l'objet d'une concertation suffisante entre les niveaux d'expertise médicale locaux, nationaux et internationaux, ce qui porte préjudice à la crédibilité du dispositif de protection dans son ensemble. C'est pourquoi, à l'occasion du Séminaire de novembre, nous souhaitons consacrer une session à la question de la santé qui pourrait permettre à différentes catégories d'acteurs concernées d'engager un dialogue sur cette question. Dans ce contexte, et compte tenu de l'intérêt que porte l'IPSN à la question des effets des rayonnements et en particulier des effets potentiels des expositions chroniques au césium, je me permets de vous solliciter pour une participation active de votre Institut à la session santé du Séminaire des 15 et 16 novembre 2001.

Dans le cas d'une réponse favorable de votre part, serait-il également possible que l'IPSN s'associe à une réunion de préparation en septembre 2001 à Paris qui comprendrait la participation de membres de l'équipe ETHOS, d'experts de l'IPSN intéressés ainsi que de personnalités avec lesquels des contacts ont été établis récemment sur le sujet, notamment le Professeur Michel Fernex de la Faculté de Médecine de l'Université de Bâle.

Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer, Madame, l'expression de ma considération. Gilles Hériard Dubreuil, Mutadis, Coordinateur Scientifique du Projet ETHOS

Copie:
J. Lochard, Coordinateur administratif du Projet ETHOS
Pr M. Fernex de la Faculté de Médecine de l'Université de Bâle